Article / 25 jan, 2019
Le changement climatique est la plus grande menace pour l'économie mondiale, selon António Guterres

ONU Changements climatiques Infos, 25 janvier 2019 - S'adressant aux dirigeants lors du Forum économique mondial de Davos cette semaine, le Secrétaire général des Nations Unies António Guterres a déclaré que le changement climatique était la menace systémique mondiale la plus importante en ce qui concernait l'économie mondiale, et qu’elle exigeait une réponse unifiée sous la forme d'un multilatéralisme ouvert impliquant toutes les composantes de la société.

À Davos, le haut fonctionnaire de l'ONU s'est penché sur trois grandes tendances en 2019, à savoir les migrations, le numérique et le changement climatique. Dans un contexte de sécheresses, de tempêtes et d'inondations de plus en plus fréquentes et intenses, M. Guterres n'a laissé aucun doute sur l'urgence de la situation et sur la priorité que la communauté internationale doit accorder à la lutte contre le changement climatique :

« Je pense que le risque climatique est le risque systémique le plus important à court terme. Je crois que nous sommes en train de perdre la course. Le changement climatique est plus rapide que nous. Et nous faisons face à ce paradoxe : la réalité s'avère pire que ce que les scientifiques avaient prévu, et tous les derniers indicateurs le montrent. »

Jeudi 24 janvier, le Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe a publié un rapport (en anglais) selon lequel les phénomènes météorologiques extrêmes ont touché plus de 60 millions de personnes rien qu'en 2018, sans qu'aucune partie du globe ne soit épargnée par les effets de l'accélération du changement climatique.

Bien que le chef de l'ONU ait décrit la volonté politique, de manière générale, de s'attaquer au changement climatique comme étant inadéquate et même ralentie, il a tiré un bilan positif des résultats de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique à Katowice, en décembre dernier.

« Tout le monde pensait que ce serait un échec », a-t-il dit. « Ça ne l'a pas été. Nous avons réussi à approuver le programme de travail de l'Accord de Paris. Cela ne résout pas le problème, il nous faut plus d'ambition, plus d'ambition et d'atténuation [pour réduire les gaz à effet de serre]. Cela n'a pas été résolu là-bas, mais il a été possible de réunir des pays qui se trouvaient dans une position totalement différente, pour au moins s’entendre et aller de l'avant », a-t-il poursuivi.

Étant donné qu'avec les engagements actuels des gouvernements, le monde se dirige vers une augmentation de la température moyenne mondiale de 3 °C et que les gouvernements et les institutions multilatérales ne peuvent résoudre seuls le problème du changement climatique, António Guterres a appelé à un multilatéralisme inclusif qui reconnaît que les États nationaux font non seulement partie du système mondial de gouvernance et d'influence, mais également les villes, le monde des affaires, la société civile et le monde universitaire.

« Nous avons de plus en plus besoin d'un multilatéralisme capable d'intégrer la contribution de tous ces autres secteurs, et je pense que le Forum économique mondial a un rôle absolument vital à jouer », a-t-il encore dit.

2019 est une année riche en perspective, puisque António Guterres a déclaré aux dirigeants à Davos qu'il convoquait en septembre un grand sommet sur l'action pour le climat afin de renforcer les ambitions en matière de réduction des émissions, d'adaptation aux conséquences inévitables du changement climatique, tout en mettant l'accent sur la finance et l'innovation. Le Sommet précédera la présentation à l'ONU de la prochaine série de plans d'action nationaux sur le climat par les gouvernements en 2020. L'inclusion de la société civile, et notamment de la communauté des affaires, devrait être un autre aspect important de la réunion de septembre.

Lire l'intégralité des remarques du Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, ici. Voir aussi l'interview Facebook Live qu'il a accordée le même jour ici.