Il est temps de montrer que la coopération mondiale est à la hauteur de la situation : Secrétaire exécutif d’ONU Climat à l’ouverture de la COP 29
11 novembre 2024
Discours de l’ONU Changements Climatiques
Simon Stiell COP29 opening
Credit: UN Climate Change/Kiara Worth
Simon Stiell addresses delegates at the opening of COP29
Credit: Kiara Worth | UN Climate Change

Le texte ci-dessous est une traduction en français du discours de Simon Stiell, Secrétaire exécutif d’ONU Climat, prononcé en anglais lors de la cérémonie d’ouverture de la COP 29, le 11 novembre 2024 à Bakou, Azerbaïdjan.

 

Excellences, délégués, collègues et amis,

C’est un honneur de vous accueillir à la COP 29.

Je remercie le Dr Sultan Al Jaber et la Présidence émiratie pour leur travail sans relâche, alors qu’ils passent le relais au Président Babayev et à l’Azerbaïdjan, que je dois féliciter pour les excellents locaux dans lesquels nous nous trouvons.

Dans les moments difficiles, face à des tâches ardues, je ne me laisse pas aller à des espoirs et à des rêves.

Ce qui m’inspire, c’est l’ingéniosité et la détermination humaines. Notre capacité à nous laisser abattre et à nous relever encore et encore, jusqu’à ce que nous atteignions nos objectifs.

La femme à mes côtés sur cette photo est ma voisine Florence, à Carriacou. En juillet de cette année, nous étions là, dans ce qui restait de sa maison.

À 85 ans, Florence est devenue l’une des millions de victimes, rien que cette année, de l’emballement des changements climatiques.

Elle avait une chose à l’esprit : être forte pour sa famille et forte pour sa communauté.

Des gens comme Florence, il y en a dans tous les pays du monde. Abattus, ils se relèvent.

Le processus de la CCNUCC est le seul forum que nous avons pour répondre à la crise climatique dévastatrice et où nous pouvons, de manière crédible, nous tenir mutuellement responsables et agir en conséquence.

Et nous savons que ce processus fonctionne. Car sans lui, l’humanité se dirigerait vers un réchauffement climatique de cinq degrés.

Dans ces locaux, nous négocions chaque année des pièces spécifiques du puzzle. Cela peut sembler très éloigné de ce qui se passe dans le salon de Florence. Nous ne pouvons pas nous permettre de continuer à bouleverser des vies et des moyens de subsistance dans tous les pays :

Est-ce que vous voulez que vos factures d’alimentation et d’énergie augmentent encore plus ?

Est-ce que vous voulez que votre pays perde en compétitivité économique ?

Est-ce que vous voulez vraiment que l’instabilité mondiale s’aggrave encore, au prix de vies précieuses ?

Cette crise touche chaque individu dans le monde d’une manière ou d’une autre.

Et je suis aussi frustré que n'importe qui d’autre qu’une seule COP ne puisse pas apporter la transformation complète dont chaque nation a besoin. Mais si l’une de vos réponses à ces questions est non, alors c’est ici que les Parties doivent se mettre d’accord sur la manière de sortir de ce pétrin.

C’est pourquoi nous sommes ici à Bakou. Nous devons convenir d’un nouvel objectif mondial en matière de financement de l’action climatique.

Si au moins deux tiers des nations du monde n’ont pas les moyens de réduire rapidement leurs émissions, tous les pays en paieront le prix brutal.

Si les pays ne parviennent pas à renforcer la résilience de leurs chaînes d’approvisionnement, c’est toute l’économie mondiale qui sera mise à genoux. Aucun pays n’est à l’abri.

Il faut donc renoncer à l’idée que le financement de l’action climatique est une œuvre de charité. Un nouvel objectif ambitieux en matière de financement de l’action climatique est dans l’intérêt de chaque nation, y compris les plus grandes et les plus riches.

Mais il ne suffit pas de se mettre d’accord sur un objectif. Nous devons redoubler d’efforts pour réformer le système financier mondial. Donner aux pays la marge de manœuvre budgétaire dont ils ont désespérément besoin.

Et ici, à Bakou, nous devons rendre fonctionnels les marchés internationaux du carbone en finalisant l’Article 6.

Nous devons progresser en matière d’atténuation, afin que les cibles de Dubaï soient atteintes.

Nous ne devons pas laisser le seuil de 1,5 degré nous échapper. Et même si les températures augmentent, la mise en œuvre de nos accords doit permettre de le maintenir. 

Les investissements dans les énergies propres et les infrastructures atteindront deux mille milliards de dollars en 2024. C’est presque deux fois plus que pour les combustibles fossiles.

La transition vers les énergies propres et la résilience climatique ne s’arrêtera pas. Notre tâche consiste à l’accélérer et à veiller à ce que les avantages considérables associés soient partagés par tous les pays et tous les peuples.

Nous devons convenir de cibles en matière d’adaptation. On ne peut pas gérer ce que l’on ne mesure pas. Et nous devons savoir si nous sommes sur la voie du renforcement de la résilience.

Et nous devons continuer à améliorer les nouveaux mécanismes de soutien financier et technique en matière de pertes et préjudices.

Nous ne pouvons pas prendre de décisions dans l’obscurité. Les rapports biennaux au titre de la transparence, attendus cette année, nous donneront une image plus claire des progrès accomplis et des lacunes que nous devons combler.

[L’année prochaine,] tous les pays présenteront leur troisième génération de plans d’action climatique nationaux (CDN).  

Pour aider les pays à créer et à communiquer ces plans, la CCNUCC lancera une Campagne sur les plans d’action climatique. 

Elle mobilisera l’action de toutes les parties prenantes et s’alignera sur les efforts du Secrétaire général des Nations Unies et de la Présidence entrante brésilienne de la COP.

En parallèle, nous relancerons les Semaines du climat à partir de 2025. Nous les alignerons plus étroitement sur notre processus et sur les résultats qu’il doit produire.

Au sein du secrétariat, nous continuerons à travailler sans relâche avec les moyens dont nous disposons, tout en étant clairs sur le financement dont nous avons besoin, afin que nous puissions répondre à ce que l’on nous demande de plus en plus.

Et nous continuerons à mettre l’accent sur la participation sûre, inclusive et significative de tous les observateurs à cette COP.

Ces dernières années, nous avons franchi des étapes historiques. Nous ne pouvons pas quitter Bakou sans un résultat substantiel. Les Parties, conscientes de l’importance de ce moment, doivent agir en conséquence.

Faire preuve de détermination et d’ingéniosité ici à la COP 29. Nous avons besoin que toutes les Parties prônent un accord dès le début, et transforment les engagements en action.

Le moment est venu de montrer que la coopération mondiale n’est pas au point mort. Elle est à la hauteur de la situation. Alors, mobilisons-nous ici ensemble.

Je vous remercie.