Communiqué ONU Changements Climatiques / 14 sep, 2018
Le Sommet Mondial de l'Action Climatique fait naître de nouveaux engagements et appelle les gouvernements à agir davantage

San Francisco, 14 septembre 2018 - De hauts responsables de l'ONU se sont félicités des résultats du Sommet Mondial de l’Action Climatique qui s'est conclu aujourd'hui à San Francisco, et qui a mis en évidence une recrudescence d'actions et d'engagements des régions, des villes, des entreprises, des investisseurs et de la société civile en faveur du climat, et appelé les gouvernements du monde entier à intensifier leurs efforts pour combattre le changement climatique.

Des responsables de tous les secteurs de la société se sont réunis à l'occasion de cet événement pour montrer qu'ils "font passer l'ambition à la vitesse supérieure" grâce à une série de nouvelles et courageuses annonces d’actions pour le climat qui, si elles sont mises en œuvre, généreront plus de 65 millions de nouveaux emplois à faible émission de carbone d'ici 2030.

"Nous subissons des pertes économiques considérables à cause du changement climatique", a déclaré le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres. "Mais le Sommet Mondial de l’Action Climatique a rassemblé des acteurs qui ont fait la démonstration des nombreux débouchés offerts par l'action climatique. Ils parient sur le vert parce qu'ils comprennent que c'est la voie de la prospérité et de la paix sur une planète saine."

Cet élan a abouti à une Déclaration historique qui a été présentée de manière symbolique par l'Envoyé de l'ONU pour la jeunesse, Jayathma Wickramanayake, pour montrer que ce sont les générations futures qui seront les plus affectées par les décisions de la génération actuelle pour construire un monde meilleur et plus résilient.

Acceptant l'Appel à l'Action du Sommet au nom des Nations Unies, Patricia Espinosa, Secrétaire exécutive de l'ONU Changements climatiques, a déclaré: "Ce Sommet et son Appel à l'action apportent une contribution importante à la réalisation de notre objectif collectif: maintenir les températures mondiales à 1,5°C, conformément à l'Accord de Paris. Il encouragera les gouvernements du monde entier à intensifier leurs actions, démontrant ainsi le rôle vital que les États et les régions, les villes, les entreprises, les investisseurs et la société civile jouent dans la lutte contre le changement climatique".

L'événement s'est déroulé dans un contexte d'accélération des impacts du changement climatique, dont le super typhon Mangkhut qui devrait toucher terre samedi et l'ouragan Florence, qui continue de dévaster des localités sur la côte-Est des États-Unis.

Dans un extrait de son rapport sur les lacunes en matière d'émissions publié à l'occasion du Sommet, l’ONU Environnement a souligné le rôle vital des parties prenantes non parties dans la lutte mondiale contre le changement climatique.

"Le changement climatique est sans aucun doute la question déterminante de notre époque, et travailler ensemble entre nations, organisations et communautés est le seul moyen de nous attaquer à cette gigantesque mission et de saisir les occasions extraordinaires qui s'offrent à nous", a déclaré Erik Solheim, chef de l'ONU Environnement. "Nous avons pu constater ici, ces derniers jours, la quantité exaltante d’efforts déjà entrepris par les collectivités du monde entier pour s'attaquer à ce problème. Si nous parvenons à faire passer notre environnement en premier, nous pouvons sortir de l'autre côté de ce formidable défi et atteindre notre objectif commun, un monde durable pour tous."

 Le discours de Patricia Espinosa à la cérémonie de clôture a souligné la nécessité pour tous les acteurs d'adopter un "multilatéralisme inclusif ", à l'image des propos tenus lundi à New York par le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, qui a appelé les dirigeants à adopter d'urgence une réponse décisive au changement climatique.

Cet esprit de collaboration s'inscrit dans l'histoire de San Francisco, qui a vu la signature de la Charte des Nations Unies en 1945, établissant d'abord un ordre international fondé sur des règles qui défendaient le multilatéralisme plutôt que l'intérêt personnel, et qui approuvaient le progrès non pas par les conflits, mais par le travail collectif des gens.

Au cours des trois derniers jours, le gouverneur californien, Jerry Brown, a été l'hôte d'un programme officiel d'événements qui a généré plus de 500 engagements.

Les participants ont profité de ces événements pour eux-aussi dévoiler de nouveaux engagements dans cinq domaines – des systèmes énergétiques sains, une croissance économique équitable, des collectivités durables, la sauvegarde des sols et des océans, et celui de refaçonner les investissements liés au climat - décrits dans le communiqué final du Sommet et inscrits sur le Portail d'Action Climat de l'ONU - visant à envoyer un signal fort aux gouvernements afin qu'ils accélèrent leur action avant 2020, lorsque les émissions mondiales doivent atteindre leur pic puis diminuer rapidement.

Les résultats du Sommet - un "Appel à l'Action" des acteurs qui saisissent les opportunités de transition vers une économie sobre en carbone - apporteront une contribution précieuse avant les discussions de l'Assemblée générale des Nations Unies et celles de la Semaine du Climat de New York, qui auront lieu dans quelques jours.

L'administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Achim Steiner, a quant à lui déclaré : "Une action audacieuse en faveur du climat pourrait générer des retombées économiques de 26 000 milliards de dollars et créer des millions d'emplois. En réunissant les villes, les États, le secteur privé et la société civile, le Sommet Mondial de l’Action Climatique ouvre la voie à une action encore plus ambitieuse pour atteindre les objectifs de l'Accord de Paris."

Les chefs d'entreprise ont participé activement au Sommet Mondial de l’Action Climatique: "Il est clair que les chefs d'entreprise avisés prennent leur place aux avant-postes de l'action climatique et saisissent l'opportunité que représente cette transition rapide vers une économie plus propre et plus durable", a déclaré Lise Kingo, PDG et Directrice exécutive du Pacte Mondial de l'ONU. "Nous devons maintenant nous assurer que toutes les entreprises, les industries et les marchés relèvent le défi."

Par ailleurs, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) publiera un rapport spécial en octobre. Celui-ci se penchera non seulement sur les impacts du réchauffement à 1,5°C, mais aussi sur les voies qui sont encore disponibles pour limiter le réchauffement à 1,5°C, tout en améliorant le développement durable et en réduisant la pauvreté.

Il est important de noter que les résultats du Sommet encourageront les gouvernements à finaliser les lignes directrices de mise en œuvre de l'Accord de Paris en Pologne en décembre de cette année. Ils les guideront dans la préparation de leurs plans d'action nationaux pour le climat de 2020 et leur offriront des options audacieuses et des exemples de changement dans la conception de leurs stratégies climatiques à court et long terme.

Pour en savoir plus:

www.un.org/climatechange

www.unenvironment.org

www.undp.org

www.unfccc.int

www.unglobalcompact.org

Contact presse:

Dan Shepard, Département de l’Information de l’ONU: shepard@un.org +1 (646) 675 3286