Communiqué ONU Changements Climatiques / 16 déc, 2018
Une nouvelle période d'action climatique mondiale démarre dans le cadre de l'Accord de Paris sur le changement climatique

(Katowice, 15 décembre ) - Les gouvernements ont adopté un ensemble solide de directives d’application de l’Accord historique de Paris de 2015 sur le changement climatique.

Tous les citoyens, d’où qu’ils soient, mais en particulier les plus vulnérables, bénéficieront de cette mise en œuvre de l'Accord.

« L’ensemble des directives de Katowice sur le climat » sur lequel les pays se sont entendus, va permettre de rendre opérationnel les principes de l’Accord de Paris sur le changement climatique. Sous l’égide du Secrétariat de l’ONU Changements climatiques, il favorisera la coopération internationale et une nouvelle dynamique au service d’une plus grande ambition.

Ces directives sont faites pour inspirer la confiance entre nations qui verront ainsi que chaque pays tient son rôle dans cette lutte contre le changement climatique.

Le Président de la COP24, le Polonais M. Michal Kurtyka, a déclaré : « Toutes les nations ont travaillé sans relâche. Toutes les nations ont montré leur engagement. Toutes les nations peuvent quitter Katowice en sachant que leurs efforts ont porté leurs fruits. Les directives contenues dans cet ensemble de Katowice sur le climat constituent les fondements pour la mise en œuvre de l'Accord à partir de 2020. »

L’ensemble des directives de Katowice comprend des lignes directrices qui rendront pleinement opérationnel le cadre de la transparence.

Il définit les modalités selon lesquelles les pays fourniront des informations sur leurs Contributions déterminées au niveau national (CDN), contributions qui décrivent les efforts de chaque pays pour réduire les émissions domestiques. Ces données comprennent les mesures d'atténuation et d'adaptation ainsi que des précisions sur le soutien financier à l'action climatique dans les pays en développement.

Cet ensemble contient également des directives concernant :

  • Le processus devant déboucher sur l’établissement de nouveaux objectifs financiers à partir de 2025 pour prendre le relais de l'objectif actuel de mobilisation de 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 pour soutenir les pays en développement.
  • Comment faire le bilan mondial de l'efficacité de l'action climatique en 2023 ?
  • Comment évaluer les progrès réalisés dans le développement et le transfert de technologies ?

Mme Patricia Espinosa, cheffe de l'ONU Changements climatiques a déclaré : « C'est une véritable réussite ! Le système multilatéral a abouti à un résultat concluant. Il s'agit d'une feuille de route pour la communauté internationale afin qu’elle s'attaque de manière décisive au changement climatique. »

« Les directives sur lesquelles les délégations ont travaillé jour et nuit sont équilibrées et illustrent clairement de quelle manière les responsabilités sont réparties entre les nations du monde, » a-t-elle poursuivi.

« Elles tiennent compte du fait que les pays ont des capacités et des réalités économiques et sociales différentes au niveau national, tout en fournissant les bases d'une ambition toujours plus grande, » a-t-elle ajouté.

Les orientations convenues signifient que les pays peuvent désormais établir les systèmes nationaux nécessaires à la mise en œuvre de l'Accord de Paris à partir de 2020. Il en sera de même au niveau international.

Fonctionnant en association, ces systèmes permettront aux nations d'agir dans un climat de confiance et d'évaluer les progrès de leurs actions climatiques.

« Bien que certains détails devront être finalisés et améliorés au fil du temps, le système est largement en place », a affirmé Mme Espinosa.

Les principales questions qui restent à résoudre concernent le recours à des approches concertées, ainsi que le mécanisme de développement durable, tel qu'il figure à l'article 6 de l'Accord de Paris. Cela permettrait aux pays d'atteindre une partie de leurs objectifs domestiques d'atténuation par le biais de ce qu'on appelle les "mécanismes fondés sur le marché".

Les mécanismes fondés sur le marché fournissent des instruments bien adaptés pour diminuer les coûts de réduction des émissions, tels que les marchés du carbone.

Maintenant, l'Accord de Paris prend acte qu’il est indispensable de parvenir à des directives internationales pour préserver l'intégrité des efforts de tous les pays.

Ces directives mondiales sont importantes pour garantir que chaque tonne d'émissions rejetée dans l'atmosphère soit comptabilisée.

De cette manière, les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs de limitation des émissions de l'Accord de Paris peuvent être mesurés avec précision.

« Dès le début de la COP, il est apparu très rapidement qu'il s'agissait d'un domaine qui nécessitait encore beaucoup de travail et que les détails pour rendre opérationnelle cette partie de l'Accord de Paris n'avaient pas encore été suffisamment examinés », a expliqué Mme Espinosa.

« Après de nombreux échanges, riches, et des discussions constructives, la grande majorité des pays étaient disposée à s'entendre et à inclure les directives pour rendre opérationnels les mécanismes fondés sur le marché dans la proposition globale », a-t-elle dit.

« Malheureusement, en fin de compte, les divergences de vues n'ont pu être surmontées. »

C’est pour cette raison que les pays sont convenus de finaliser les détails des mécanismes fondés sur le marché au cours de l'année à venir en vue de leur adoption lors de la prochaine Conférence des Nations Unies sur le changement climatique (COP25).

Dialogue et Action Talanoa avant 2020

Le Dialogue Talanoa conduit par les Îles Fidji - un dialogue interactif d'une année relatif à l’ambition de l'Accord de Paris - s'est achevé lors de la COP24, avec comme contribution majeure le Rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) sur le réchauffement planétaire de 1.5°C.

« Dans le cadre de la Convention sur les changements climatiques, ainsi que dans le cadre de l'Accord de Paris, le GIEC est l'organisme agréé qui fournit les éléments scientifiques de la politique climatique », a souligné Mme Espinosa. « Je remercie tous les experts pour leur excellent travail et leur importante contribution aux travaux du GIEC », a-t-elle ajouté.

La dernière réunion de haut niveau qui s'est tenue à Katowice a débouché sur l'Appel à l'action Talanoa qui appelle tous les pays et toutes les parties prenantes, à agir de toute urgence.

Il est d’ailleurs conseillé aux pays d’intégrer les résultats du Dialogue dans les efforts qu'ils déploient pour relever leur ambition et mettre à jour leurs Contributions déterminées au niveau national - contributions qui décrivent en détail les mesures prises par les pays en matière de climat, en 2020.

Une réunion de haut niveau pour faire le point sur celles prises avant 2020 a permis aux pays de comparer leurs niveaux d'ambition actuels. Un autre bilan est prévu pour 2019.

« Bien qu'il subsiste manifestement des lacunes, le bilan des mesures prises avant 2020 et le Dialogue Talanoa, ont clairement montré que le monde a jeté des bases solides pour l'action climatique dans le cadre de l'Accord de Paris », a déclaré Mme Espinosa. 

Principales annonces:

De nombreux pays développés se sont engagés à apporter un soutien financier pour permettre aux pays en développement d'agir. Ce point est particulièrement important pour reconstituer les ressources du Fonds vert pour le climat. 

Des pays ont envoyé des signaux positifs importants en vue du premier réapprovisionnement officiel du Fonds vert pour le climat, l'Allemagne et la Norvège ayant annoncé qu'elles doubleraient leurs contributions.

Le Fonds pour l'adaptation a reçu un montant total de 129 millions de dollars.

L'engagement des banques multilatérales de développement (BMD), des organisations internationales, des entreprises, des investisseurs et de la société civile à la COP24 a contribué à renforcer la volonté politique de parvenir à un résultat à Katowice.

Bon nombre d'entre eux ont fait des annonces importantes qui ont été déterminantes pour créer une nouvelle dynamique. Il s'agit notamment de :

  • L'engagement de la Banque mondiale de consacrer 200 milliards de dollars à l'action climatique pour la période 2021-2025 ;
  • L'engagement des BMD d'aligner leurs activités sur les objectifs de l'Accord de Paris;
  • La promesse de quinze organisations internationales de rendre leurs activités climatiquement neutres ;
  • L'appel à l'action de 414 investisseurs, avec 31 billions de dollars d'actifs sous gestion, pour davantage d’investissements du secteur privé dans la transition vers une économie bas carbone ;
  • L'annonce faite par la coalition C40 Cities, qui regroupe des villes du monde entier, d’une prochaine collaboration avec le GIEC pour déterminer comment le Rapport sur le réchauffement planétaire de 1.5°C peut s'appliquer aux actions climatiques des municipalités.

De nombreuses autres annonces ont été faites et des exemples édifiants d'actions climatiques ont été présentés lors des événements de haut niveau de l'action climatique mondiale.

La prochaine Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques se tiendra au Chili, et des consultations permettront de fournir des précisions quant à la ville et à la date exacte de la conférence en temps voulu.

À propos de la CCNUCC

Avec 197 Parties, la Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) jouit d’une adhésion presque universelle. Elle accueille l’Accord de Paris sur les changements climatiques de 2015 sous son égide. L'objectif principal de l'Accord de Paris est de maintenir la hausse de la température moyenne mondiale bien en dessous de 2 degrés Celsius au cours de ce siècle et de mener des efforts visant à limiter encore plus l'augmentation de la température, soit à 1,5 degrés Celsius au-dessus des niveaux préindustriels. La CCNUCC accueille aussi le Protocole de Kyoto de 1997 sous son égide. L'objectif ultime de tous les traités qui entrent dans le cadre de la CCNUCC est de stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique, dans un laps de temps qui permet aux écosystèmes de s'adapter naturellement et facilite le développement durable.

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