Les forêts au cœur de l'activité économique et de la résilience à l'échelle mondiale
26 mars 2026
Article
Protecting forests from the impact of climate change, a local forest ranger patrols the rain forest and wild coffee plantations in Pekalongan, Central Java, Indonesia.
Credit: Dhana Kencana / Climate Visuals Countdown

ONU Climat Infos, 24 mars 2026 – Les forêts ne sont pas seulement des écosystèmes vitaux, elles sont également indispensables aux économies et aux industries du monde entier. La Journée internationale des forêts de cette année met en avant le lien crucial entre les forêts et les économies, soulignant le rôle que jouent les forêts dans tous les secteurs – de l’agriculture et de la construction à l’énergie et au tourisme.

À l’échelle mondiale, les forêts fournissent des matières premières essentielles pour le logement, la médecine, l’alimentation et les combustibles – mais leur valeur économique va bien au-delà de la production. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), au moins 33 millions de personnes travaillent dans le secteur forestier à l’échelle mondiale, et la demande en produits forestiers et en écotourisme ne cesse de croître.

Les forêts fournissent également des services écosystémiques qui apportent de nombreux avantages pour la croissance économique et la prospérité. En régulant le climat, en préservant la fertilité des sols et en garantissant la sécurité de l’approvisionnement en eau, elles stimulent la productivité agricole et contribuent à réduire les coûts liés aux catastrophes climatiques.

Ces avantages sont particulièrement importants pour la réduction de la pauvreté et le développement inclusif et durable. Dans de nombreux pays à faible revenu, les forêts contribuent pour une part importante au PIB et constituent un filet de sécurité vital pour les communautés vulnérables en période de crise économique. Le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies (DESA) estime que plus de 1,6 milliard de personnes dépendent des forêts pour leur subsistance, leurs revenus ou leur emploi.

Pourtant, ces moyens de subsistance économiques sont de plus en plus menacés. La déforestation, la dégradation des forêts et le changement climatique mettent en péril ces écosystèmes – ainsi que les industries et les communautés qui en dépendent. Renforcer les efforts de restauration et de conservation est donc non seulement un impératif environnemental, mais aussi un impératif économique. La FAO estime que les produits forestiers non ligneux représentent à eux seuls au moins 9,41 milliards de dollars par an, avec un potentiel de croissance supplémentaire.

Renforcer la transparence grâce aux évaluations REDD+

Le Programme des Nations Unies sur les changements climatiques organise la 13e semaine d'évaluation technique des niveaux de référence REDD+ à Bonn du 23 au 27 mars 2026.

Ces évaluations jouent un rôle clé dans l'amélioration de la transparence et de la crédibilité des efforts visant à réduire les émissions résultant de la déforestation et de la dégradation des forêts (REDD+), tout en aidant les pays à les mettre en œuvre. L'amélioration de la précision des niveaux de référence contribue également à renforcer les capacités techniques et les systèmes nationaux.

Cette année, sept pays font l'objet d'évaluations techniques. Le Cameroun et la Guinée ont soumis leurs niveaux de référence pour la première fois, tandis que l'Éthiopie, le Libéria, le Malawi, le Népal et le Nigeria ont mis à jour les leurs à l'aide de méthodologies et de données améliorées.

La présidence de la COP 30 lance une feuille de route pour mettre fin à la déforestation et à la dégradation des forêts d’ici 2030

Lors de la COP30, la présidence brésilienne a présenté les forêts comme à la fois un pilier économique et un front crucial de l’action climatique.

« Les forêts peuvent nous faire gagner du temps dans l’action climatique alors que notre fenêtre d’opportunité se referme rapidement », a déclaré le président de la COP 30, André Corrêa do Lago, avant la conférence. « Si nous inversons la déforestation et restaurons ce qui a été perdu, nous pourrons permettre l'élimination massive des gaz à effet de serre de l'atmosphère tout en redonnant vie aux écosystèmes. Des écosystèmes plus sains peuvent également offrir des opportunités en matière de résilience et de bioéconomie en favorisant les moyens de subsistance locaux, en créant des chaînes de valeur sophistiquées et en générant des innovations dans le domaine des biotechnologies. »

La présidence de la COP30 a clôturé la conférence en lançant les travaux sur une feuille de route visant à mettre un terme et à inverser la déforestation et la dégradation des forêts d’ici 2030. Cette initiative vise à traduire les résultats du premier bilan mondial en actions concrètes, en soulignant la nécessité de mettre un terme et d’inverser la déforestation et la dégradation des forêts pour atteindre l’objectif de température de l’Accord de Paris, notamment par le biais de mesures incitatives telles que les paiements basés sur les résultats.

La feuille de route fournira des orientations, identifiera les solutions existantes et les moyens de mise en œuvre, et mettra en évidence les principaux obstacles. Dans un premier temps, la présidence de la COP30 a lancé un appel à contributions jusqu’au 31 mars 2026, invitant diverses parties prenantes à y répondre et soulignant l’importance d’un processus inclusif, participatif et transparent.