Chapitre I

ENERGIE

La situation du secteur de l'énergie est décrite à partir des données constitutives du bilan énergétique de 1991, objet du présent travail. Antérieurement (1988), le bilan énergétique du Sénégal avait été établi dans le cadre du projet SEN/87/010 entre le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le Ministère du Plan et de la Coopération du Sénégal, et le Programme Energie d'ENDA Tiers Monde. Il faut souligner d'emblée les difficultés rencontrées pour rassembler toutes les statistiques nécessaires à la réalisation de ce bilan énergétique et qui altèrent, voire rendent impossibles, certaines comparaisons.

Quoiqu'il en soit, les données du présent bilan, comparées à celle obtenues en 1988, notamment en ce qui concerne les énergies conventionnelles en général, et les produits pétroliers en particulier, conduisent à constater une augmentation des disponibilités énergétiques (offre) d'environ 3% pour une consommation finale totale qui a progressé dans le même temps de plus de 12%, malgré une baisse des importations (produits pétroliers) de près de 15%.

Il faut rappeler que la période analysée recouvre celle de la mise en application du Programme RENES (Redéploiement Energétique au Sénégal) dont un des objectifs est, en l'occurrence, une réduction drastique des importations de produits pétroliers.

I. LES APPROVISIONNEMENTS

Les approvisionnements énergétiques du Sénégal reposent essentiellement, comme ceux de la plupart des pays sahéliens, sur la biomasse et sur les importations de pétrole brut et de produits pétroliers.

(i) Les approvisionnements internes, principalement la biomasse, représentent plus de 489 000 tep, dont 174 476 tep pour la bagasse et les coques d'arachide, plus de 4 000 tep pour le gaz naturel, 579 tep pour le pétrole brut et 11 tep pour le méthane.

Production d'énergie primaire (tep)


                                              1988                  1991     

Pétrole                                              2560                579 

Gaz naturel                                          7510              4 056 

Méthane (1)                                             -                 11 

Bois et charbon de bois (2)                             -            310 758 

Bagasse                                           149 330            123 620 

Coque d'arachide                                        -             50 856 

Total                            159 400            489 880 



Source : Direction de l'Energie / ENDA - Programme Energie.

(1) : Obtenu à partir de la décomposition des déchets organiques retirés lors du traitement des eaux usées par la SONEES afin de produire de l'énergie électrique.

(2) : Production de bois et charbon de bois à des fins de consommation.

S'agissant de la bagasse, les quantités prises en compte ne concernent que celles utilisées par la Compagnie Sucrière Sénégalaise (CSS) pour la production d'électricité. Les quantités de bagasse reprises ici sont donc inférieures à la production nationale de déchets végétaux.

(ii) Les importations et les exportations d'énergie (plus les soutes maritimes internationales) ne portent que sur les produits pétroliers et le pétrole brut.

Bilan synthétique des produits pétroliers


                                        1988                 1991          

Production de pétrole brut                      2,56                 0,579 
(1000 t)                                                                   

Importation de pétrole brut                   757,17               505,829 
(1000 t)                                                                   

Production de produits                        705,35               529,978 
pétroliers (1000 tep)                                                      

Importation de produits                       236,82               339,079 
pétroliers (1000 tep)                                                      

Exportation de produits                        87,75                66,397 
pétroliers (1000 tep)                                                      

Consommation brute de pétrole                 801,00               829,387 
/ produits pétroliers (1000                                                
tep)                                                                       

Consommation finale de                        499,73               563,780 
produits pétroliers (1000 tep)                                             



Source : Direction de l'Energie / ENDA - Programme Energie.

A l'inverse de la période 1986/1988, les importations de produits pétroliers ont augmenté sur la période 1988/1991, alors que celles de pétrole brut diminuaient, réduisant d'autant l'activité de raffinage.

La Société Africaine de raffinage (SAR) n'a pas rompu avec ses habitudes d'arbitrage, en fonction des conditions de prix, entre son activité propre et l'importation directe de produits pétroliers raffinés afin de couvrir les besoins du marché dans les conditions les plus rentables pour elle.

(iii) L'approvisionnement en électricité du Sénégal est principalement assuré par la SENELEC au moyen d'un réseau général reliant Dakar - Kaolack - Saint-Louis, de centres régionaux (Tambacounda, Ziguinchor) et de centres secondaires isolés.

Plusieurs entreprises industrielles autoproductrices assurent néanmoins leurs besoins et revendent leur surplus à la Société Nationale.

La production d'énergie électrique reste encore entièrement d'origine thermique : elle est passée de 838 GWh en 1985, à 924 GWh en 1991.

II. LA CONSOMMATION FINALE

La consommation finale d'énergie conventionnelle (produits pétroliers et électricité) a augmenté de 16% entre 1988 et 1991. Les produits pétroliers, qui représentent 87,5% de celle-ci (part stable en 1988 et 1991), ont été en constante augmentation, par contre la consommation d'électricité a baissé puis très légèrement progressé sans atteindre le niveau de 1988 (cf. graphique ci-dessous).

Evolution de la consommation finale d'énergies conventionnelles

Source : Direction de l'Energie / ENDA - Programme Energie.

La consommation par tête d'énergies conventionnelles était de 86 kep (légèrement supérieure à 1988); alors que celle d'électricité était de 98 kWh en moyenne, accusant une baisse de près de 20% par rapport à 1988.

Par rapport à 1998, la répartition sectorielle de la consommation finale s'établit comme suit en 1991 :

Répartition sectorielle de la consommation

finale d'énergies conventionnelles


                                 1988              1991       

IGC                                      23%              34% 

Pêche                                     9%               3% 

Transports                               53%              47% 

Ménages                                  15%              15% 



Source : Direction de l'Energie / ENDA - Programme Energie.

Les transports (principalement routiers et aériens) bien qu'en baisse relative, restent un secteur à forte consommation énergétique, devançant encore largement le secteur industriel dont la part relative a malgré tout augmenté de 10 points entre 1988 et 1991.

Seule la part relative des ménages dans la consommation finale reste stable (15%) tout en enregistrant une croissance significative en valeur absolue (de 77 000 tep en 1988 à près de 100 000 tep en 1991).

2.1 Evolution de la consommation finale des produits pétroliers

Suivant les tendances décrites précédemment et en fonction des différents types de produits pétroliers (cf. graphique ci-dessous), les hausses enregistrées concernent le fioul, le diesel oil/gasoil et le GPL.

Source : Direction de l'Energie / ENDA - Programme Energie.

1- Le fioul, principalement consommé par la SENELEC pour la production d'électricité, et accessoirement par les autoproducteurs, est comptabilisé dans le bloc transformation du bilan énergétique; alors que celui utilisé par les industries est comptabilisé au niveau de la consommation finale. On observe (cf. graphique ci-dessous) que le fioul consommé par ces industries a progressé plus vite que celui utilisé pour la production d'électricité entre 1988 et 1991.

Distribution sectorielle de la consommation finale de fioul

Source : Direction de l'Energie / ENDA - Programme Energie.

2- L'augmentation des consommations de diesel oil et de gasoil démontre la part croissante que prennent les consommations industrielles et la part toujours prépondérante du secteur des transports.

Structure de la consommation de diesel oil/gasoil

pour la transformation et les usages finaux

Source : Direction de l'Energie / ENDA - Programme Energie.

Globalement, le transport routier reste, comme par le passé, le principal consommateur de diesel et gasoil. Les industries extractives et le transport ferroviaire conservent un niveau de consommation stable. En ce qui concerne la pêche, secteur pour lequel la collecte des données reste à parfaire, il est difficile d'établir quelque comparaison que ce soit.

3- L'augmentation de la consommation du GPL (30 % entre 1989 et 1991) marque très nettement la poursuite du processus de substitution du GPL au bois et charbon de bois, caractéristique de la transition énergétique qui s'opère, en particulier dans les villes. Ce processus a été initié en 1987 (hausse de 48.6 % au cours de l'année) par la politique de subventions accordées au gaz populaire.

2.2 Evolution de la production et de la consommation d'électricité

La consommation d'électricité, après avoir cru à un rythme comparable à celui de la production (1986-1988), évolue, depuis 1989, a un rythme moins soutenu.

Source : Direction de l'Energie / ENDA - Programme Energie.

La répartition par type d'électricité consommée dénote une baisse significative de la basse tension dont la part diminue de 38 a 33% entre 1988 et 1991. La haute tension et la moyenne tension (usages industriels) voient leur part augmenter : de 40 a 42% pour la MT et de 22 a 24% pour la HT. La consommation d'électricité du secteur industriel représente actuellement plus de 65% de l'ensemble des consommations électriques.

2.3 Consommations d'énergies non conventionnelles

L'appellation "énergies non conventionnelles" regroupe ici la bagasse, utilisée par la CSS, les coques d'arachide utilisées par la SONACOS, le bois et le charbon de bois principalement consommés par la population, et le méthane transformé en électricité pour l'autoconsommation de la SONEES.

La consommation de déchets végétaux (coque d'arachide et bagasse) à des fins de production de vapeur et d'énergie électrique, a progressé de 16,8% entre 1988 et 1991 passant de 149 330 tep à 174 476 tep. Cette évolution est parallèle à celle de la consommation de produits pétroliers de l'industrie, évoquée plus haut. Le secteur industriel a donc fortement augmenté ses consommations d'énergie durant cette période.

S'agissant du bois et du charbon de bois, seules sont reprises ici les données officielles provenant du service des eaux et forêts. Elles ne prennent en compte que la production contrôlée. Il faut simplement signaler que la consommation de bois et de charbon de bois dépasse 200 000 tep, donc presque le double de celle comptabilisée dans le bilan (104 351 tep). Toutefois, il est important de noter que des enquêtes, effectuées par la Direction de l'Energie dans les dix régions du Sénégal ces dernières années, ont mis en évidence le fait que les quantités contrôlées ne représentent qu'environ un tiers des consommations effectives (cf : "L'observatoire des combustibles domestiques", numéro 3, novembre 1993 - Direction de l'Energie / Direction des Eaux, Forêts, Chasse et Conservation des Sols).

Enfin il faut souligner que la société nationale d'exploitation des eaux (SONEES) récupère des déchets organiques, lors du traitement des eaux usées. A partir de digesteurs, elle produit du méthane, qu'elle transforme en électricité pour sa propre consommation. Certes les quantités produites sont encore négligeables mais cet exemple prouve qu'il existe des gisements encore non exploites de valorisation des déchets et plus généralement des énergies renouvelables (ENR).

III. APPLICATION DE LA METHODOLOGIE IPCC/OCDE

Bilan énergétique 1991

TABLEAUX DE CACULS

1.1-A

1.1-B

1.1-C

1.2-A

1.3-A

1.3-B

1.3-C

1.5-A

IV. COMMENTAIRES

TABLEAU 1.1-B :

- Colonne F : (Facteur de conversion des tonnes et 1000 m3 en Gj)

* Pour le fioul : aucun facteur de conversion n'est indiqué dans le tableau 1-2, page 1.8. Nous avons donc été obligés de nous référer à une autre source, en l'occurrence : "Mémento d'Economie de l'Energie", 2ème édition, 1986, Total-CFP / Direction Economique. Puis, nous avons effectué le calcul suivant :

1 tep = 41,868 Gj.

1 t de fioul lourd = 0,95 tep (tonne équivalent pétrole) pci (pouvoir calorifique inférieur).

1 t de fioul lourd = (41,868 Gj x 0,95) = 39,775 Gj.

* Pour la biomasse : aucun facteur de conversion des tonnes en Gj n'est indiqué dans le tableau 1-2, page 1.8. Nous en avons donc calculé un, pour la bagasse et la coque d'arachide, à partir des données issues du bilan énergétique de l'année 1991. Nous avons pris les chiffres correspondants à la bagasse et à la coque d'arachide, exprimés en tep, que l'on a ensuite multiplié par 41,868 Gj :

0,4 tep/t x 41,868 Gj = 16,75 Gj.

* Pour le bois et le charbon de bois : nous avons retenu les coefficients du Programme d'Assistance à la Gestion du Secteur de l'Energie (ESMAP / PNUD - Banque Mondiale) cités dans le Rapport d'activité n°096/89 :

bois de feu : 17 Gj/t.

charbon de bois : 29 Gj/t.

- Colonne H : (Facteur d'émission, kg de C/Gj)

* Pour le diesel oil et le fuel oil : aucun facteur d'émission n'est indiqué dans le tableau 1-3, page 1.9. Nous avons donc supposé que le coefficient du diesel oil était équivalent à celui du gazole, soit : 20,2 kg C/Gj. Pour ce qui concerne le fioul lourd, nous avons retenu le coefficient de l'huile combustible résiduelle, du tableau 1-3, page 1.9, qui nous semble être le plus proche, soit 21,1 kg C/Gj.

* Pour la bagasse, le bois de feu, le charbon de bois et la coque d'arachide : faute de disponibilité de données nationales plus précises, nous avons retenu le coefficient du tableau 1-3, page 1.9, relatif à la biomasse solide, soit : 29,9 kg C/Gj.

TABLEAU 1.1-C :

- Colonne L : (Emission nette de carbone, Gg de C)

Nous n'avons pas, ainsi que la méthodologie le permet, soustrait le résultat de la colonne K de celui de la colonne J. Nous avons simplement reporté le résultat de la colonne J du tableau 1.1-B.

- Colonne M : (Fraction de carbone oxydé)

* Pour la biomasse : nous avons retenu les chiffres fournis dans le tableau 4-10, page 4.22 du module 4 (Agriculture), qui indique des valeurs générales par défaut pour la fraction oxydée (efficacité de combustion).

TABLEAU 1.2-A :

- Colonne A : (Population)

Données provenant du document : "Population du Sénégal : Structure par sexe et par age en 1988 et projections de 1988 à 2015", Direction de la Prévision et de la Statistique, Dakar, septembre 1992, 30 pages.

- Colonnes B et D : (Consommations annuelles de bois et de charbon de bois)

Données calculées à partir de l'étude : "Les consommations domestiques d'énergie de cuisson en Afrique : le cas du Sénégal", Libasse Ba, ENDA - Programme Energie, Dakar, 1991, 8 pages et annexes.

- Colonne F : (Facteur d'expansion de consommation de charbon de bois, kt bois/kt charbon de bois)

* Facteur de conversion retenu pour la construction du bilan énergétique.

TABLEAU 1.3-A :

- Colonne B : (Fraction de la biomasse qui s'oxyde)

Les coefficients retenus pour : le bois de feu, la consommation de charbon de bois, la bagasse, et la coque d'arachide, sont ceux du tableau 1-5, page 1.16.

En ce qui concerne la production de charbon de bois, nous avons adopté le coefficient utilisé lors de la construction du bilan énergétique, soit 18%.

- Colonne D : (Fraction de carbone de la biomasse)

Pour la consommation de charbon de bois, nous avons retenu le chiffre indiqué dans le tableau 1-5, page 1.16.

Pour le bois de feu et la production de charbon de bois, nous avons calculé la moyenne arithmétique des valeurs indiquées dans le tableau 1-5.

Pour la bagasse et la coque d'arachide, nous avons retenu la moyenne arithmétique des valeurs indiquées pour les résidus agricoles dans le tableau 1-5.

- Colonne F : (Rapport CH4-C)

Les chiffres utilisés sont issus du tableau 1-6, page 1.17.

TABLEAU 1.3-B :

- Colonne I : (Rapport d'émission de gaz trace CO-C)

Le chiffre utilisé est le coefficient attribué à la biomasse générale, dans le tableau 1-6, page 1.17.

- Colonne L : (Rapport de combustibles azote-carbone)

Les chiffres proviennent du tableau 1-5, page 1.16. Pour la consommation de charbon de bois, nous avons retenu 0, car aucune donnée n'est fournie dans les divers documents de la méthodologie. Pour la bagasse et la coque d'arachide, nous avons retenu la moyenne arithmétique de la fourchette des valeurs fournies pour les résidus agricoles.

- Colonne N : (Rapport d'émission de gaz trace N2O-N)

Nous avons appliqué partout le coefficient fourni pour la biomasse générale, ainsi qu'il est préconisé au-dessous du tableau 1-6, page 1.17.

TABLEAU 1.3-C :

- Colonne Q : (Rapport d'émission de gaz trace NOx-N)

Nous avons appliqué le coefficient fourni pour la biomasse générale, ainsi qu'il est préconisé au-dessous du tableau 1-6, page 1.17.

TABLEAU 1.5-A :

- Colonne A : (Activité)

* Nombre de puits de pétrole forés : source PETROSEN.

* Péta joules de pétrole produits : calculés en multipliant le pétrole brut produit (579 t) par 41,868 Gj par tep / 1000000, pour obtenir des Pj.

* Péta joules de pétrole raffiné : calculés en multipliant le pétrole raffiné (549 617 t) par 41,868 Gj par tep / 1000000, pour obtenir des Pj.

* Péta joules de gaz produits : calculés en multipliant la production de gaz naturel (5 071 milliers de m3) par 41,860 Gj par 1000 m3 / 1000000, pour obtenir des Pj.

* Péta joules de gaz consommés : calculés en multipliant la consommation de gaz naturel (5 071 milliers de m3) par 41,860 Gj par 1000 m3 / 1000000, pour obtenir des Pj.

- Colonne B : (Facteur d'émission)

* Production de pétrole : calculée en prenant la moyenne de la fourchette des valeurs correspondantes pour "Reste du Monde" dans le tableau 1-8, page 1.26; soit :

(5000 + 300) / 2 = 2650 kg de CH4/Pj.

* Raffinage de pétrole : calculé en prenant la moyenne de la fourchette des valeurs correspondantes pour "Reste du Monde" dans le tableau 1-8, page 1.26; soit :

(1400 + 90) / 2 = 745 kg de CH4/Pj.

* Production de gaz naturel : calculée en prenant la moyenne de la fourchette des valeurs correspondantes pour "Reste du Monde" dans le tableau 1-8, page 1.26; soit : (40000 + 96000) / 2 = 68000 kg de CH4/Pj.

* Traitement, transport et distribution de gaz : calculé en prenant la moyenne de la fourchette des valeurs correspondantes pour "Reste du Monde" dans le tableau 1-8, page 1.26; soit : (340000 + 117000) / 2 = 228500 kg de CH4/Pj.