INTRODUCTION
Présentation du Sénégal
Situé entre 12 et 1730' de latitude nord et 1130' et 1730' de longitude ouest, le Sénégal est un pays de l'Afrique de l'Ouest qui s'étend sur 196 192 km². Son climat est de type tropical sec avec deux saisons marquées : une saison chaude et pluvieuse (hivernage), de juin à octobre, et une saison sèche durant laquelle soufflent des vents à dominante nord/nord-est. La pluviométrie, très variable ces dernières années, dépend de la fluctuation du front intertropical et de l'incursion de la mousson. La zonation climatique (zones soudanienne, soudano-sahélienne, et sahélienne) marque la disposition de la végétation qui est climacique.
La population, estimée aujourd'hui à 8 millions d'habitants, connaît un taux de croissance d'environ 3% par an. Cette évolution démographique ne va pas de pair avec la croissance économique qui suit une tendance négative, fortement marquée par des politiques d'ajustement structurel successives et une dépendance de l'aide extérieure. A cette situation défavorable est venue s'ajouter la dévaluation du franc cfa.
L'économie du Sénégal est dominée par le secteur agricole avec 23% du PIB (1988). Cette activité occupe plus de 70% de la population sénégalaise qui est en majorité rurale. Quant au secteur industriel, il contribue pour 18% au PIB.
Le secteur énergétique est fortement dominé par les importations de produits pétroliers. Les récentes découvertes de gaz naturel sont loin de pouvoir couvrir les besoins énergétiques du pays. La biomasse énergie tient une place prépondérante dans la consommation énergétique du Sénégal avec le bois et le charbon de bois qui sont utilisés en grande quantité par les ménages.
L'utilisation de cette biomasse à des fins énergétiques à un impact important sur les ressources forestières du pays.
Le contexte du projet
Le Sénégal a signé la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques lors de la CNUED de Rio de Janeiro, en juin 1992. Cette Convention a été ratifiée au plan national en mai 1994.
L'objectif de cette Convention est, en référence à son article 2, de "stabiliser conformément aux dispositions pertinentes de la Convention, les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique. Il conviendra d'atteindre ce niveau dans un délai suffisant pour que les écosystèmes puissent s'adapter naturellement aux changements climatiques, que la production alimentaire ne soit pas menacée et que le développement économique puisse se poursuivre d'une manière durable".
Les Parties Contractantes à la Convention Cadre sur les Changements Climatiques, s'engagent à mener des actions en vue de stabiliser, et voire, de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Un travail préalable d'inventaire national des émissions anthropiques par les sources, et l'absorption par les puits, de tous les gaz à effet de serre non réglementés par le Protocole de Montréal est entrepris à cet effet.
La Convention est entrée en vigueur depuis le 21 Mars 1994, et la première réunion de la Conférence des Parties se tiendra en Mars 1995 à Berlin. Désormais, le Sénégal, à l'instar de tous les pays en développement signataires, est tenu à partir de Mars 1997, de fournir, conformément à l'article 12, "des inventaires nationaux des émissions anthropiques par les sources et de l'absorption par les puits de tous les gaz à effet de serre non réglementés par le Protocole de Montréal, en recourant à des méthodes comparables qui seront approuvées par la Conférence des Parties".
La méthodologie préparée par l'IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change) en collaboration avec l'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economique), approuvée par la Conférence des Parties, permet à tous les pays d'avoir une base commune pour conduire à bien ces inventaires.
C'est ainsi que de juillet 1993 à avril 1994, le Sénégal a conduit un inventaire national sur financement GEF/PNUE, dans le cadre d'un projet coordonné par l'ECU (Environmental Change Unit) de l'Université d'Oxford.
Sous la coordination du Ministère de l'Environnement et de la Protection de la Nature - Direction Environnement, le projet a été exécuté avec la collaboration des structures suivantes :
ð Direction de l'Environnement : déchets, procédés industriels et CFC;
ð Direction de l'Energie : énergie;
ð Centre de Suivi Ecologique : agriculture et changement d'exploitation des terres et forêts;
ð ENDA - Programme Energie : assistance technique dispensée sur tous les aspects de l'étude.
L'équipe ainsi constituée avait pour tâches :
1- collecter l'information existante et, si possible, la compléter par des enquêtes pertinentes sur le terrain;
2- utiliser l'information rassemblée pour calculer les émissions de gaz à effet de serre selon la méthodologie développée par l'IPCC/OCDE;
3- présenter un rapport des résultats ainsi obtenus.
Au cours de ce travail, nous avons pu constater que cette méthodologie possède des limites. La principale d'entre elles étant qu'elle ne reflète pas les spécificités propres à certaines régions du monde, et plus particulièrement pour ce qui concerne les pays africains. Certains facteurs propres au Sénégal ont été retenus à la place des coefficients fournis par l'IPCC. L'ensemble des remarques et changements apportés aux coefficients proposés pour les pays en développement sont exposés sous forme de notes, à la suites des tableaux ayant servi au calcul des émissions des gaz à effet de serre.
Les cinq premiers chapitres du présent rapport sont structurés en reprenant l'ordre établi dans le document méthodologique de l'IPCC-OCDE : "Guide d'initiation pour l'inventaire des gaz à effet de serre - Projet de directives IPCC pour les inventaires nationaux de gaz à effet de serre. Volume II".
ð Chapitre 1 : Energie
ð Chapitre 2 : Procédés industriels
ð Chapitre 3 : Agriculture
ð Chapitre 4 : Changement d'exploitation des terres et forêts
ð Chapitre 5 : Déchets
Chaque chapitre est ensuite rédigé en commençant par une présentation du secteur, suivi des tableaux méthodologiques remplis suivant les indications fournies par l'IPCC, et enfin des commentaires relatifs à l'application de cette méthodologie au secteur étudié.
La conclusion du rapport fait une synthèse des émissions de gaz à effet de serre (GES) au Sénégal en 1991, et présente les secteurs émetteurs, les types de gaz émis, et indique leur conversion en équivalent CO2 afin de favoriser l'analyse sectorielle.