Article / 05 juil, 2018
L'Association mondiale du ciment appelle le secteur à agir d'urgence en faveur du climat

ONU Changements climatiques Infos, 5 juillet 2018 - L'Association mondiale du ciment (WCA) exhorte les membres de cette industrie à redoubler d’efforts pour adopter plus rapidement de nouvelles technologies et à grande échelle pour réduire ses émissions de CO2 afin de lutter efficacement contre le changement climatique.

L'industrie du ciment représente 5 à 6% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, et ses actions sont indispensables pour contribuer à la realisation de l'objectif principal de l'Accord de Paris de 2015 qui est de maintenir l’augmentation de la température mondiale bien en dessous de 2°C et aussi près que possible d’1,5°C.

L’Association demande au secteur cimentier de « se concentrer davantage sur l'innovation afin de faire des progrès décisifs dans la réduction des émissions de CO2 », dans un communiqué publié après l’organisation la semaine dernière d'un forum de la WCA consacré au changement climatique.

Lors de ce forum mondial, il a également souligné que les technologies actuelles permettant de réduire les émissions de CO2 sont « généralement adoptées trop lentement ». En effet, les technologies actuellement deployées par le secteur ne permettent d'atteindre que 50% de l'objectif de réduction de CO2 fixé par l'Accord de Paris.

L'Association mondiale du ciment (WCA) a annoncé son intention de publier en septembre un plan d'action sur le changement climatique, qui mettra l'accent sur « des actions claires et tangibles pour une transition vers une production sobre en carbone ».

Le ciment, élément central des infrastructures mondiales, est hautement énergivore

Le béton est la deuxième substance la plus utilisée sur Terre après l'eau. Le ciment est le composant principal du béton et il est produit dans le monde entier pour construire des logements, des ponts, des routes, des autoroutes et des barrages.

Le processus de fabrication du ciment nécessite beaucoup de ressources et d'énergie en raison de la chaleur extrême requise pour la production. Par exemple, de grandes quantités de combustibles fossiles sont utilisées pour chauffer un four à haute température à environ 1400°C et décomposer le calcaire et d'autres matières premières pour former une substance appelée clinker, qui est ensuite combinée avec du gypse pour fabriquer du ciment.

Selon la variété et le procédé, les usines ont besoin de 60 à 130 kg de fioul et 110 kWh d'électricité pour produire chaque tonne de ciment. Et pour chaque tonne de ciment produite, le procédé libère environ une tonne de dioxyde de carbone.

Exemples inspirant d'actions climatiques dans l'industrie du ciment

Pourtant, des entreprises se préoccupent de plus en plus sérieusement de réduire leurs émissions telles que l'Allemande HeidelbergCement et l'Indienne Dalmia Bharat.

HeidelbergCement est l'une des plus grandes entreprises mondiales de matériaux de construction. En mettant en œuvre un plan de réduction des émissions de CO2 certifié par un cabinet indépendant, l’entreprise s’efforce désormais d’avoir recours à des carburants à faibles émissions et à des matières premières de substitution produites comme déchets dans d'autres industries, majoritairement de l'industrie métallurgique.

Grâce à ces mesures, l'entreprise a réduit ses émissions nettes de CO2 de 22% à 598 kg de CO2 / tonne de ciment entre 1990 et 2016.

De l’autre côté de la planète, en Inde, un grand fabricant de ciment, Dalmia Bharat, a recours à des matières premières respectueuses de l'environnement, et pour remplacer les ressources naturelles utilise des sous-produits générés par d'autres secteurs. Avec une empreinte carbone de 493 kg CO2 / tonne de matériau cimentaire, l'entreprise se targue d’être l'une des cimenteries les moins énergivore en carbone au monde. Ainsi, en 2015-2016, la société a déclaré avoir réduit de 16% son empreinte carbone.

L'année dernière, Dalmia Cement est également devenue la première entreprise de ciment à rejoindre RE100 - une initiative mondiale qui vise à impliquer, soutenir et promouvoir les grandes entreprises qui se sont engagées à utiliser 100% d’énergies renouvelables.

Parallèlement, le développement technologique - des tuiles mangeuses de pollution au Mexique au ciment qui aspire le dioxyde de carbone (CO2) de l'air au Canada - crée de nouvelles options où le ciment pourrait devenir l'une des solutions au changement climatique plutôt qu'un de ses problèmes.

En fait, il existe plusieurs options pour les fabricants de ciment, notamment l'amélioration de l'efficacité énergétique, l'utilisation de matériaux recyclés et de déchets, le déploiement de carburants à faible teneur en carbone et le traitement du ciment à basse température.

Ainsi, alors que le défi actuel du changement climatique pour l'industrie du ciment peut sembler menacer la viabilité à long terme du secteur, il constitue certainement un moment décisif pour l'industrie pour jeter les bases d'un avenir à faible teneur en carbone et plus sûr, pour tous.