Article / 19 mar, 2019
L'Afrique doit pouvoir instaurer une croissance verte, selon la Vice-Secrétaire générale de l'ONU

ONU Changements climatiques Infos, 19 mars 2019 - La Vice-Secrétaire générale des Nations Unies, Amina J. Mohammed, a appelé l'Afrique à être « au cœur » de l'agenda de l'action climatique, et à accroître les financements en faveur de la région afin que le continent puisse faire croître son économie de manière durable. Elle s’est exprimée ainsi le 14 mars, lors de la troisième édition du One Planet Summit à Nairobi, au Kenya, une réunion organisée par le président du Kenya Uhuru Kenyatta, le président français Emmanuel Macron, la présidente par intérim du Groupe Banque mondiale, Kristalina Georgieva, et elle-même.

« Nous avons déjà indiqué que c'est l'Afrique qui est la plus touchée par le changement climatique, et pourtant c'est elle qui y contribue le moins ; alors ce qui compte aujourd'hui, c'est de faire en sorte que l'Afrique ne finisse pas par contribuer au changement climatique et que nous ayons une chance de la voir devenir écologique et non qu’elle s’assombrisse », a-t-elle dit.

Mme Mohammed a appelé les investisseurs publics et privés à accroître les flux financiers pour aider les pays en développement à prendre des mesures climatiques. « Les chiffres ne concordent pas. Nous disons au monde que nous avons besoin de billions de dollars, mais les flux d'investissements ne se déplacent pas à la vitesse et à l'échelle requises », a-t-elle déploré.

A cet égard, elle s'est félicitée des annonces faites au Kenya par le Groupe de la Banque africaine de développement, qui a annoncé qu'il doublerait ses engagements financiers en faveur du climat d'ici à 2025, à hauteur d'au moins 25 milliards de dollars, et par le Groupe Banque mondiale, qui a annoncé de nouveaux plans pour intensifier l'action climatique en Afrique, dont 22,5 milliards en nouveaux financements.

« Nous savons que les deux banques ne donneront pas les billions de dollars dont nous avons besoin, mais le fait que vous parliez d'augmentation, de la nécessité d'investir davantage dans les énergies renouvelables, cela signifie que nous pouvons obtenir des fonds du secteur privé pour passer des milliards aux billions de dollars », a-t-elle ajouté.

La numéro deux de l’ONU a appelé tout le monde à prendre des mesures climatiques plus ambitieuses, rappelant les paroles du Secrétaire Général des Nations Unies António Guterres qui avait affirmé que le changement climatique était plus rapide que l'humanité. Elle a souligné l'importance du prochain Sommet sur l'action pour le climat que le Secrétaire général accueillera le 23 septembre à New York et au cours duquel les pays et les parties prenantes non-Parties devraient proposer des engagements plus ambitieux en matière d'action climatique, conformément aux objectifs de l'Accord de Paris.

La Vice-Secrétaire générale de l’ONU a également souligné l'importance de la participation des jeunes, et en particulier des jeunes femmes et des filles, à l'agenda climatique et la nécessité de leur fournir les capacités et les compétences nécessaires à cette participation. « Les jeunes ne sont pas l'avenir, ils sont le présent. Et ce ne devrait pas être pour eux, mais avec eux. Ils ont leur mot à dire », a-t-elle conclut.

Le One Planet Summit a réuni des dirigeants mondiaux, des entrepreneurs, des organisations internationales et la société civile afin d'accélérer et d’attirer l'attention sur les investissements climatiques conformément à l'Accord de Paris. Le Sommet s'est tenu parallèlement à la quatrième Assemblée de l’ONU Environnement et a précédé la Semaine africaine du climat, un autre événement clé de l'action climatique dans la région qui se tient au Ghana, à Accra, du 18 au 22 mars.

Voir ou revoir le discours d’Amina J. Mohammed :