Article / 13 déc, 2018
À la COP24, les ministres évaluent les progrès réalisés en matière d’action climatique à l’horizon 2020

ONU Changements climatiques Infos, 11 décembre 2018 — La réunion de haut niveau du bilan d’avant 2020 a permis aux ministres et aux Parties d’évaluer l’ensemble des actions climatiques déployées à travers le monde à l’horizon 2020.

Les ministres ont souligné les succès et les lacunes en matière d’action pour le climat.

En vertu de la deuxième période d’engagement du protocole de Kyoto (2013-2020), les pays développés ont adopté des objectifs pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020. Ces objectifs doivent être atteints même si le nombre de Parties ayant ratifié l’Amendement de Doha, qui fera entrer en vigueur la deuxième période d’engagement, est insuffisant.

Le Rapport spécial du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) et sur les conséquences d’un réchauffement planétaire de 1,5 °C de même que les rapports récents de l’OMM et du PNUE ont confirmé que des lacunes importantes demeurent dans les mesures prises avant 2020.

Quelques intervenants ont insisté sur la nécessité de maintenir la pression et d’éviter que les efforts de réductions des émissions les émissions ne se limitent à 2020.

D’autres ont également mis en évidence de nouvelles pistes de solutions. Favoriser l’implication des acteurs non Parties pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris grâce à des partenariats a été un thème exprimé par plusieurs.

Certains pays cherchent à construire une économie circulaire permettant d’utiliser les matériaux et l’énergie d’une manière plus efficace. D’autres veulent restructurer leurs industries, investir dans les technologies à faibles émissions de carbone, promouvoir l’efficacité énergétique et accroître la plantation d’arbres et le reboisement.

Une réforme du secteur de l’électricité pourrait réduire l'impact négatif des fournisseurs en situations de monopole, promouvoir les énergies renouvelables et favoriser l’innovation.

Alors que plusieurs initiatives et projets fonctionnent plutôt bien, l’atténuation et l’adaptation ne se produisent pas selon l’ampleur et la rapidité nécessaires. Une vision stratégique à long terme qui tient compte de tous les secteurs économiques pourrait être très utile à cet égard.

Globalement, même si plusieurs actions sont faites pour lutter contre le changement climatique, plus de mesures doivent être mises en place avant 2020. L’écart pour atteindre les objectifs d’ici 2020 doit être pratiquement nul.

Financement de l’action climatique

L’engagement à mobiliser 100 milliards de dollars américains chaque année pour financer l’action climatique dans les pays en développement d’ici 2020 est indispensable. Il s’agit d’une mesure essentielle pour instaurer la confiance et permettre aux pays en développement de contribuer pleinement aux efforts mondiaux pour lutter contre le changement climatique.

Les représentants des pays développés ont fait état de leurs progrès en vue d’atteindre l’objectif de 100 milliards. Ils se ont également parlé de leurs travaux visant à améliorer la compréhension à savoir quels sources et instruments devraient être considérés pour atteindre leurs cibles.

Les représentants des pays en développement ont insisté sur la nécessité d’accélérer les flux de financement et sur le fait que le réapprovisionnement du Fonds vert pour le climat était essentiel. Ils ont également souligné que l’accès au financement pouvait s’avérer compliqué et laborieux, particulièrement lorsqu’il s’agit de fonds multilatéraux.

Pour que les capitaux circulent, il faut renforcer la capacité de nombreux pays d'accéder au financement. La mise en place de conditions favorables est également importante pour pleinement bénéficier du financement climatique.

Il a également été mentionné que, malgré les progrès accomplis en matière de financement, le financement de l’adaptation est nettement inférieur à celui de l’atténuation. Celui-ci est pourtant primordial pour les pays les plus vulnérables qui ont un besoin urgent de mettre en place des mesures d’adaptation.

Le prochain bilan de haut niveau aura lieu à la fin de 2019, à l’occasion de la COP25.