CONVENTION-CADRE SUR LES
CHANGEMENTS CLIMATIQUES Distr. GENERAL
FCCC/IDR.1/FRA(SUM)
17 fevrier 1998
Original: FRANÇAIS
GE.98-
Au titre des Articles 4 et 12 de la Convention, les Parties doivent
présenter des communications nationales sur l'application de
la Convention. Les directives régissant l'élaboration
des communications et la procédure d'examen ont
été arrêtées par le Comité
Intergouvernemental de Négociation d'une Convention-cadre des
Nations Unies sur les changements climatiques (décisions 9/2
et 10/1) et par la Conférence de Parties qui a adopté,
à sa première session, les décisions 2/CP.1 et
3/CP.1 (voir document FCCC/CP/1995/7/Add.1). Conformément
à ces décisions, une compilation ainsi qu'une
synthèse des 33 premières communications des Parties
visées à l'Annexe I ont été
préparées (voir document FCCC/CP/1996/12 Add.1 et
Add.2).
Lors de l'examen de l'application de la convention, les Organes Subsidiaires et la Conférence des Parties seront saisis du présent rapport en langue anglaise ainsi que d'un résumé de ce dernier diffusé dans les six langues officielles des Nations Unies. (Ces organes auront également à leur disposition un résumé de la première communication nationale de la France ainsi que des informations par pays, reprises d'une compilation et d'un rapport de synthèse de toutes les communications nationales déjà présentées.
1. L'équipe d'examen qui comptait parmi ses membres un
expert belge et un expert de l'Organisation pour la
coopération économique et le développement a
mené à bien l'examen approfondi de la première
communication de la France entre juin 1996 et mai 1997 et s'est
notamment rendue sur place du 17 au 21
juin 1996.
2. Depuis le premier choc pétrolier, la France applique une
politique énergétique visant à
se protéger des pénuries et des hausses du
coût de l'énergie. Par conséquent, en 1990, la
France avait déjà réalisé des gains
substantiels en économies d'énergie, notamment dans les
secteurs résidentiels et industriels. Le coût marginal
des réductions effectuées après l'année
de référence est donc supérieur aux coûts
comparables dans certaines autres Parties. En 1990, les
émissions de dioxyde de carbone (CO2) par habitant
s'élevaient à 5,92 tonnes (alors que la moyenne dans
les pays de l'Organisation de coopération et de
développement économique (OCDE) était de 12
tonnes environ). Du point de vue de la France, l'engagement d'adopter
des politiques et des mesures en vue de limiter les
émissions de gaz à effet de serre, qui figure
à l'article 4 paragraphe 2 de la Convention, sera
exécuté dans l'ensemble de l'Union
Européenne (UE), par l'Union et ses Etats membres,
agissant dans le cadre de leurs compétences respectives.
La France est en faveur d'un effort uniforme et estime qu'il peut
être réalisé notamment grâce à des
mesures fiscales coordonnées. La taxation au niveau
européen du carbone d'un montant de 70 Ecus par tonne,
selon des modalités appropriées, est citée
comme exemple. La politique énergétique de la
France comporte, entre autre, la décision de développer
la capacité de production d'électricité à
partir du nucléaire. En 1992, la part de l'approvisionnement
total d'énergie primaire provenant du nucléaire
s'élevait à presque 35% et celle de l'énergie
hydraulique à plus de 7%.
3. Linventaire pour 1990 concerne les émissions de
gaz à effet de serre direct, CO2 (366.536 Gg),
méthane (CH4) (2.895 Gg) et protoxyde d'azote
(N2O) (177 Gg), et les précurseurs dozone,
à savoir les oxydes d'azote (NOx) (1.722 Gg), les
composés organiques volatils hors méthane (COVHM)
(2.424 Gg) et le monoxyde de carbone (CO) (10.952 Gg). Linventaire
des émissions est aussi établi pour les années
1991, 1992 et 1993. Pour dresser linventaire, on a appliqué la
méthodologie CORINAIR. Un interface (méthodologie et
logiciel) a été construit, ce qui permet de
réorganiser linventaire selon les directives du
Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du
climat (GIEC).
4. On décrit dans la communication nationale
différentes politiques et mesures adoptées pour
de nombreux secteurs en vue de réduire les émissions de
CO2, CH4, N2O, NOx, COVHM
et CO et d'accroître la capacité des puits et des
réservoirs de CO2. Certaines de ces mesures visent
spécifiquement la prévention de gaz à effet de
serre (GES), tandis que la plupart d'entre elles ont d'autres
objectifs primaires ou secondaires. On fournit des estimations - si
elles sont disponibles - des effets que pourrait avoir chaque mesure
sur les GES.
5. Les normes de performance énergétique en vigueur
pour les bâtiments neufs sont déjà
très rigoureuses; par ailleurs, compte tenu du faible taux de
renouvellement du parc immobilier, de nouvelles mesures n'auront
que peu d'effets à court terme. Quant aux
bâtiments existants, des incitations fiscales,
consenties du 01/01/90 au 31/12/95 aux fins d'investissement dans des
mesures de conservation de l'énergie ont été
reconduites en 1996. L'application des mesures de conservation de
l'énergie dans les bâtiments publics permettrait
une économie d'énergie de 12%, ce qui engendrera
une baisse de 200 ktC de CO2, volume maintenu comme
l'objectif pour l'an 2000.
6. La prédominance en France de l'énergie
nucléaire pour la production de
l'électricité se maintiendra dans un avenir à
moyen terme, de sorte que la possibilité de réduire les
GES au niveau de la fourniture se limite à la production pour
les charges de pointe. Des mesures visant à aplatir
les pointes de la demande sont en grande partie appliquées
comme prévu au programme. Les principaux
éléments de l'appui accordé par la France aux
sources d'énergie nouvelles et renouvelables concernent
la biomasse et l'énergie éolienne. Quoique le prix de
l'énergie éolienne ne peut être, à l'heure
actuelle, concurrentiel par rapport à d'autres sources
d'électricité, les coûts devront fléchir
et cette mesure vise à faciliter la commercialisation de la
technologie. L'exécution du "plan bois-énergie" pour
l'utilisation du bois à des fins de chauffage, tel que
décrit dans le programme, se poursuit.
7. Quant au transport des marchandises, certaines
réductions semblent accessibles grâce au programme
de contrôles techniques et d'un meilleur entretien des
véhicules; par contre la limitation de puissance des poids
lourds, proposée dans le programme en tant que mesure
communautaire, n'a pas encore fait l'objet d'une discussion
approfondie avec les partenaires européens de la France. En ce
qui concerne les voitures et autres véhicules
légers, on espère de plus en plus pouvoir
faire baisser la consommation de carburant des véhicules neufs
après l'an 2000 dans le cadre d'un programme
proposé par la Commission Européenne. La taxe
nominale prélevée sur l'essence ordinaire a
augmenté de 15% entre 1990 et 1994, ce qui a
majoré le prix de vente au détail de 9%. Un
projet, mis en place jusqu'à la fin de 1995, permettant
à tout acheteur d'une voiture neuve de
bénéficier d'une prime s'il voulait remplacer
un véhicule usagé permettra de réaliser une
baisse de 0.32 MtC en l'an 2000. On n'a pas quantifié les
conséquences secondaires de l'octroi de primes à
l'achat de véhicules neufs (augmentation du nombre de voitures
neuves fabriquées ce qui entraîne une augmentation du
volume des émissions, ou remplacement des petites voitures
usagées par des véhicules neufs plus grands et
à plus forte consommation), conséquences qui pourraient
avoir comme effet d'annuler les baisses d'émissions
déjà enregistrées.
8. La mise au point de l'éthanol et de l'ester
méthylique d'huile de colza aux fins de leur utilisation dans
le secteur des transports, se déroule comme prévu au
programme. Les objectifs pour l'an 2000 demeurent raisonnables,
quoique assujettis à la politique agricole. Le gouvernement
encourage la mise au point de politiques au niveau local pour
réduire le trafic automobile urbain et diffuse à cette
fin des orientations en matière de gestion du transport.
Selon le programme, une meilleure maîtrise du trafic
permettrait de réaliser une réduction de 20% des
émissions de GES dans les centres urbains (0.6 à 0.9
MtC/an), mais on ne sait pas dans quelle mesure cette
réduction pourrait être réalisée d'ici
à l'an 2000. Quant aux émissions de GES autres
que le CO2 liés au transport, l'introduction de
pots catalytiques sur les voitures à essence neuves, dans
le respect des normes de l'UE concernant les émissions,
aura probablement comme conséquence une augmentation des
émissions de N2O par véhicule/km par rapport
aux niveaux de 1990, même si les émissions de
précurseurs d'ozone troposphérique diminuaient. Le
rapport ne comporte pas d'estimations concernant les effets
sur les émissions de N2O en l'an
2000.
9. Les mesures prises par la France dans le secteur
industriel comportent des engagements volontaires visant à
réduire des émissions de toute une gamme de GES et des
règlements régissant les émissions de
N2O. On a décrit, à l'intention de
l'équipe, la teneur des accords
déjà conclus; ils doivent permettre de
procéder à une réduction des émissions de
GES de l'ordre de 1 MtC d'ici à l'an 2000 par rapport aux
niveaux de 1990. Depuis la mise au point du programme, le
Gouvernement a élargi l'éventail des
possibilités d'aide financière aux investissements en
matière de performance énergétique et de
co-génération. Une taxe sur les émissions de
l'industrie des COVHM de 180 F/t doit engendrer une baisse de 25.000
à 30.000 tonnes par an. Les accords visant à
réduire les émissions de NOx ont
été reportés à cause, partiellement, du
retard enregistré dans l'adoption par l'UE de directives y
afférentes concernant la combustion.
10. Pendant la présente réforme agricole une
priorité plus élevée est accordée au
maintien du potentiel de production agricole et de ce fait, les
plans décrits dans la communication,
visant à augmenter les surfaces boisées
jusqu'à 30.000 hectares en 1998 ne sont pas mis en
exécution. Le budget prévu pour l'utilisation du
bois dans la construction est passé de 7 MF en 1993
à 23 MF en 1996 et devrait continuer à augmenter,
quoique à un rythme plus lent. Le but, qui consiste
à stocker 0.35 MtC par an d'ici à l'an 2010 est
maintenu, quoiqu'il soit probable que les effets soient
limités en l'an 2000.
11. Les projections de CO2, CH4 et de
N2O sont indiquées séparément, gaz
par gaz, pour l'an 2000. Les émissions nettes de
CO2, CH4 et de N2O sont
présentées sous forme d'agrégat compte tenu des
valeurs du potentiel de réchauffement global (PRG)
définies par le GIEC en 1994. Les absorptions par les puits
sont prises en compte, mais sont présentées
séparément. Les projections comportent l'effet des
mesures. Aucun scénario "sans mesures" n'a été
mis au point. Les projections sont communiquées pour la France
métropolitaine et indiquent une stabilisation
générale des émissions de GES en l'an 2000 par
rapport à 1990 lorsqu'on en fait la somme en les
pondérant à leur valeur du PRG. Une augmentation de 7%
des émissions de CO2 est compensée par une
réduction de 47% des émissions de N2O; en
2000 les émissions de CH4 devraient être
approximativement aux mêmes niveaux qu'en 1990. La
stabilisation des émissions du pays n'est pourtant pas
considérée comme le but à atteindre; comme
mentionné ci-dessus, la France ne définit un objectif
de stabilisation qu'au niveau de l'UE. Un effort particulier a
été fait pour évaluer et présenter
séparément les effets des politiques et des mesures. On
décrit la façon dont se sont déroulées
les activités et on définit les hypothèses et
l'approche sur lesquelles se sont fondées les projections pour
la plupart des secteurs.
12. L'évolution des émissions liées à
la consommation d'énergie pour le chauffage des
locaux comporte une correction pour conditions climatiques. La
méthode n'est pas décrite dans la communication,
mais l'équipe d'examen a reçu une explication lui
donnant satisfaction. La méthode se fonde sur la moyenne
degrés/jours pour la France et est appliquée à
la partie de la consommation d'énergie liée
au chauffage des locaux par vecteur énergétique et,
séparément, pour l'industrie et les secteurs
résidentiel/tertiaire. Le climat de référence
est la moyenne d'une période de trente ans (1951-1980). La
correction appliquée correspond à une augmentation des
émissions de CO2 en 1990 de 9.5 Mt, soit 3 % des
émissions brutes de 1990.
13. Les émissions de NOx et de COVHM en 2000
devraient décroître selon les projections
d'approximativement 30 % par rapport aux niveaux de 1990
conformément aux objectifs retenus dans la Convention sur
la pollution atmosphérique transfrontière à
longue distance. Ces projections sont calculées en tant
que l'agrégat des effets spécifiques de chaque mesure.
On indique également les réductions
escomptées de CO (750 kt d'ici à l'an 2000). Des
mesures précises visant à réduire les
émissions de perfluorocarbones (PFC) dans la production
de l'aluminium devraient entraîner une réduction de
115 tonne de PFC (équivalent à 0.3 Mt de
carbone).
14. En ce qui concerne la coopération bilatérale
avec les pays en développement, un ralentissement de la
croissance du taux de l'aide accordée par rapport au PIB en
1995 a été signalé. Cette diminution est
principalement due à une réduction des activités
en matière de désendettement. L'information relative
aux activités de coopération scientifique et technique
mises en oeuvre par le Centre de coopération internationale en
recherche agronomique pour le développement (CIRAD) et
l'Institut français de recherche scientifique pour le
développement en coopération (ORSTOM) est
confirmée. L'aide publique au développement (en tant
que pourcentage du PIB) en 1990 était de 0.60 % et a
augmenté progressivement jusqu'à 0.64 % en 1994,
mais a baissé jusqu'à 0.55 % en 1995.
15. La participation de la France à la mise en place du
Fonds pour l'environnement mondial (FEM) dans la phase pilote et
la poursuite de cette participation dans la phase actuelle ont
été rappelées. Les ressources financières
prévues par les autorités françaises pour
l'environnement mondial dépasse de 440 millions de francs le
montant de la contribution de la France au FEM, ce qui a permis
d'établir un FEM français et de le doter de ce solde.
Ce fonds est prévu pour le financement des coûts
supplémentaires liés à la prise en compte de
l'environnement mondial dans des projets d'investissement.
Jusqu'à ce jour, 50% des ressources du FEM
français ont été consacrées au changement
climatique, de tels projets
s'étant révélés plus longs à
mettre au point que ceux relevant d'autres domaines, tels que la
diversité biologique et les eaux internationales. L'important
effet de levier (environ 10 fois) réalisé par les
financements du FEM français a été
signalé. On envisage de reconstituer les ressources de ce
fonds au terme d'un cycle quadriennal.
1. Conformément à la décision 2/CP.1 (voir document FCCC/CP/1995/7/Add.1), le texte intégral du rapport a été communiqué au Gouvernement français qui n'a fait aucun commentaire supplémentaire.