CONVENTION-CADRE SUR LES
CHANGEMENTS CLIMATIQUES Distr.
RESTREINTE
FCCC/IDR.1/FRA
17 fevrier 1998
GE.98-
Au titre des Articles 4 et 12 de la Convention, les Parties doivent présenter des communications nationales sur l'application de la Convention. Les directives régissant l'élaboration des communications et la procédure d'examen ont été arrêtées par le Comité Intergouvernemental de Négociation d'une Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (décisions 9/2 et 10/1) et par la Conférence de Parties qui a adopté, à sa première session, les décisions 2/CP.1 et 3/CP.1 (voir document FCCC/CP/1995/7/Add.1). Conformément à ces décisions, une compilation ainsi qu'une synthèse des 33 premières communications des Parties visées à l'Annexe I ont été préparées (voir document FCCC/CP/1996/12 Add.1 et Add.2).
Lors de l'examen de l'application de la convention, les Organes Subsidiaires et la Conférence des Parties seront saisis du présent rapport en langue anglaise ainsi que d'un résumé de ce dernier diffusé dans les six langues officielles des Nations Unies. (Ces organes auront également à leur disposition un résumé de la première communication nationale de la France ainsi que des informations par pays, reprises d'une compilation et d'un rapport de synthèse de toutes les communications nationales déjà présentées.
1. L'équipe d'examen qui comptait parmi ses membres un
expert belge et un expert de l'Organisation pour la
coopération économique et le développement a
mené à bien l'examen approfondi de la première
communication de la France entre juin 1996 et mai 1997 et s'est
notamment rendue sur place du 17 au 21
juin 1996.
2. Depuis le premier choc pétrolier, la France applique une
politique énergétique visant à
se protéger des pénuries et des hausses du
coût de l'énergie. Par conséquent, en 1990, la
France avait déjà réalisé des gains
substantiels en économies d'énergie, notamment dans les
secteurs résidentiels et industriels. Le coût marginal
des réductions effectuées après l'année
de référence est donc supérieur aux coûts
comparables dans certaines autres Parties. En 1990, les
émissions de dioxyde de carbone (CO2) par habitant
s'élevaient à 5,92 tonnes (alors que la moyenne dans
les pays de l'Organisation de coopération et de
développement économique (OCDE) était de 12
tonnes environ). Du point de vue de la France, l'engagement d'adopter
des politiques et des mesures en vue de limiter les
émissions de gaz à effet de serre, qui figure
à l'article 4 paragraphe 2 de la Convention, sera
exécuté dans l'ensemble de l'Union
Européenne (UE), par l'Union et ses Etats membres,
agissant dans le cadre de leurs compétences respectives.
La France est en faveur d'un effort uniforme et estime qu'il peut
être réalisé notamment grâce à des
mesures fiscales coordonnées. La taxation au niveau
européen du carbone d'un montant de 70 Ecus par tonne,
selon des modalités appropriées, est citée
comme exemple. La politique énergétique de la
France comporte, entre autre, la décision de développer
la capacité de production d'électricité à
partir du nucléaire. En 1992, la part de l'approvisionnement
total d'énergie primaire provenant du nucléaire
s'élevait à presque 35% et celle de l'énergie
hydraulique à plus de 7%.
3. Linventaire pour 1990 concerne les émissions de
gaz à effet de serre direct, CO2 (366.536 Gg),
méthane (CH4) (2.895 Gg) et protoxyde d'azote
(N2O) (177 Gg), et les précurseurs dozone,
à savoir les oxydes d'azote (NOx) (1.722 Gg), les
composés organiques volatils hors méthane (COVHM)
(2.424 Gg) et le monoxyde de carbone (CO) (10.952 Gg). Linventaire
des émissions est aussi établi pour les années
1991, 1992 et 1993. Pour dresser linventaire, on a appliqué la
méthodologie CORINAIR. Un interface (méthodologie et
logiciel) a été construit, ce qui permet de
réorganiser linventaire selon les directives du
Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du
climat (GIEC).
4. On décrit dans la communication nationale
différentes politiques et mesures adoptées pour
de nombreux secteurs en vue de réduire les émissions de
CO2, CH4, N2O, NOx, COVHM
et CO et d'accroître la capacité des puits et des
réservoirs de CO2. Certaines de ces mesures visent
spécifiquement la prévention de gaz à effet de
serre (GES), tandis que la plupart d'entre elles ont d'autres
objectifs primaires ou secondaires. On fournit des estimations - si
elles sont disponibles - des effets que pourrait avoir chaque mesure
sur les GES.
5. Les normes de performance énergétique en vigueur pour les bâtiments neufs sont déjà très rigoureuses; par ailleurs, compte tenu du faible taux de renouvellement du parc immobilier, de nouvelles mesures n'auront que peu d'effets à court terme. Quant aux bâtiments existants, des incitations fiscales, consenties du 01/01/90 au 31/12/95 aux fins d'investissement dans des mesures de conservation de l'énergie ont été reconduites en 1996.
L'application des mesures de conservation de l'énergie dans
les bâtiments publics permettrait une économie
d'énergie de 12%, ce qui engendrera une baisse de 200 ktC de
CO2, volume maintenu comme l'objectif pour l'an
2000.
6. La prédominance en France de l'énergie
nucléaire pour la production de
l'électricité se maintiendra dans un avenir à
moyen terme, de sorte que la possibilité de réduire les
GES au niveau de la fourniture se limite à la production pour
les charges de pointe. Des mesures visant à aplatir les
pointes de la demande sont en grande partie appliquées comme
prévu au programme. Les principaux éléments de
l'appui accordé par la France aux sources d'énergie
nouvelles et renouvelables concernent la biomasse et
l'énergie éolienne. Quoique le prix de l'énergie
éolienne ne peut être, à l'heure actuelle,
concurrentiel par rapport à d'autres sources
d'électricité, les coûts devront fléchir
et cette mesure vise à faciliter la commercialisation de la
technologie. L'exécution du "plan bois-énergie" pour
l'utilisation du bois à des fins de chauffage, tel que
décrit dans le programme, se poursuit.
7. Quant au transport des marchandises, certaines
réductions semblent accessibles grâce au programme
de contrôles techniques et d'un meilleur entretien des
véhicules; par contre la limitation de puissance des poids
lourds, proposée dans le programme en tant que mesure
communautaire, n'a pas encore fait l'objet d'une discussion
approfondie avec les partenaires européens de la France. En ce
qui concerne les voitures et autres véhicules
légers, on espère de plus en plus pouvoir
faire baisser la consommation de carburant des véhicules neufs
après l'an 2000 dans le cadre d'un programme
proposé par la Commission Européenne. La taxe nominale
prélevée sur l'essence ordinaire a augmenté de
15% entre 1990 et 1994, ce qui a majoré le prix de vente
au détail de 9%. Un projet, mis en place jusqu'à la fin
de 1995, permettant à tout acheteur d'une voiture neuve de
bénéficier d'une prime s'il voulait remplacer
un véhicule usagé permettra de réaliser une
baisse de 0.32 MtC en l'an 2000. On n'a pas quantifié les
conséquences secondaires de l'octroi de primes à
l'achat de véhicules neufs (augmentation du nombre de voitures
neuves fabriquées ce qui entraîne une augmentation du
volume des émissions, ou remplacement des petites voitures
usagées par des véhicules neufs plus grands et
à plus forte consommation), conséquences qui pourraient
avoir comme effet d'annuler les baisses d'émissions
déjà enregistrées.
8. La mise au point de l'éthanol et de l'ester
méthylique d'huile de colza aux fins de leur utilisation dans
le secteur des transports, se déroule comme prévu au
programme. Les objectifs pour l'an 2000 demeurent raisonnables,
quoique assujettis à la politique agricole. Le gouvernement
encourage la mise au point de politiques au niveau local pour
réduire le trafic automobile urbain et diffuse à cette
fin des orientations en matière de gestion du transport.
Selon le programme, une meilleure maîtrise du trafic
permettrait de réaliser une réduction de 20% des
émissions de GES dans les centres urbains (0.6 à 0.9
MtC/an), mais on ne sait pas dans quelle mesure cette
réduction pourrait être réalisée d'ici
à l'an 2000. Quant aux émissions de GES autres
que le CO2 liés au transport, l'introduction de
pots catalytiques sur les voitures à essence neuves, dans
le respect des normes de l'UE concernant les émissions,
aura probablement comme conséquence une augmentation des
émissions de N2O par véhicule/km par rapport
aux niveaux de 1990, même si les émissions de
précurseurs d'ozone troposphérique diminuaient. Le
rapport ne comporte pas d'estimations concernant les effets
sur les émissions de N2O en l'an
2000.
9. Les mesures prises par la France dans le secteur industriel comportent des engagements volontaires visant à réduire des émissions de toute une gamme de GES et des règlements régissant les émissions de N2O. On a décrit, à l'intention de l'équipe, la teneur des accords déjà conclus; ils doivent permettre de procéder à une réduction des émissions de GES
del'ordre de 1 MtC d'ici à l'an 2000 par rapport aux
niveaux de 1990. Depuis la mise au point du programme, le
Gouvernement a élargi l'éventail des
possibilités d'aide financière aux investissements en
matière de performance énergétique et de
co-génération. Une taxe sur les émissions de
l'industrie des COVHM de 180 F/t doit engendrer une baisse de 25.000
à 30.000 tonnes par an. Les accords visant à
réduire les émissions de NOx ont
été reportés à cause, partiellement, du
retard enregistré dans l'adoption par l'UE de directives y
afférentes concernant la combustion.
10. Pendant la présente réforme agricole une
priorité plus élevée est accordée au
maintien du potentiel de production agricole et de ce fait, les
plans décrits dans la communication,
visant à augmenter les surfaces boisées
jusqu'à 30.000 hectares en 1998 ne sont pas mis en
exécution. Le budget prévu pour l'utilisation du
bois dans la construction est passé de 7 MF en 1993
à 23 MF en 1996 et devrait continuer à augmenter,
quoique à un rythme plus lent. Le but, qui consiste
à stocker 0.35 MtC par an d'ici à l'an 2010 est
maintenu, quoiqu'il soit probable que les effets soient
limités en l'an 2000.
11. Les projections de CO2, CH4 et de
N2O sont indiquées séparément, gaz
par gaz, pour l'an 2000. Les émissions nettes de
CO2, CH4 et de N2O sont
présentées sous forme d'agrégat compte tenu des
valeurs du potentiel de réchauffement global (PRG)
définies par le GIEC en 1994. Les absorptions par les puits
sont prises en compte, mais sont présentées
séparément. Les projections comportent l'effet des
mesures. Aucun scénario "sans mesures" n'a été
mis au point. Les projections sont communiquées pour la France
métropolitaine et indiquent une stabilisation
générale des émissions de GES en l'an 2000 par
rapport à 1990 lorsqu'on en fait la somme en les
pondérant à leur valeur du PRG. Une augmentation de 7%
des émissions de CO2 est compensée par une
réduction de 47% des émissions de N2O; en
2000 les émissions de CH4 devraient être
approximativement aux mêmes niveaux qu'en 1990. La
stabilisation des émissions du pays n'est pourtant pas
considérée comme le but à atteindre; comme
mentionné ci-dessus, la France ne définit un objectif
de stabilisation qu'au niveau de l'UE. Un effort particulier a
été fait pour évaluer et présenter
séparément les effets des politiques et des
mesures. On décrit la façon dont se sont
déroulées les activités et on définit les
hypothèses et l'approche sur lesquelles se sont fondées
les projections pour la plupart des secteurs.
12. L'évolution des émissions liées à
la consommation d'énergie pour le chauffage des
locaux comporte une correction pour conditions climatiques. La
méthode n'est pas décrite dans la communication,
mais l'équipe d'examen a reçu une explication lui
donnant satisfaction. La méthode se fonde sur la moyenne
degrés/jours pour la France et est appliquée à
la partie de la consommation d'énergie liée
au chauffage des locaux par vecteur énergétique et,
séparément, pour l'industrie et les secteurs
résidentiel/tertiaire. Le climat de référence
est la moyenne d'une période de trente ans (1951-1980). La
correction appliquée correspond à une augmentation des
émissions de CO2 en 1990 de 9.5 Mt, soit 3 % des
émissions brutes de 1990.
13. Les émissions de NOx et de COVHM en 2000
devraient décroître selon les projections
d'approximativement 30 % par rapport aux niveaux de 1990
conformément aux objectifs retenus dans la Convention sur
la pollution atmosphérique transfrontière à
longue distance. Ces projections sont calculées en tant
que l'agrégat des effets spécifiques de chaque mesure.
On indique également les réductions
escomptées de CO (750 kt d'ici à l'an 2000). Des
mesures précises visant à réduire les
émissions de perfluorocarbones (PFC) dans la production
de l'aluminium devraient entraîner une réduction de
115 tonne de PFC (équivalent à 0.3 Mt de
carbone).
14. En ce qui concerne la coopération bilatérale
avec les pays en développement, un ralentissement de la
croissance du taux de l'aide accordée par rapport au PIB en
1995 a été signalé. Cette diminution est
principalement due à une réduction des activités
en matière de désendettement. L'information relative
aux activités de coopération scientifique et technique
mises en oeuvre par le Centre de coopération internationale en
recherche agronomique pour le développement (CIRAD) et
l'Institut français de recherche scientifique pour le
développement en coopération (ORSTOM) est
confirmée. L'aide publique au développement (en tant
que pourcentage du PIB) en 1990 était de 0.60 % et a
augmenté progressivement jusqu'à 0.64 % en 1994,
mais a baissé jusqu'à 0.55 % en 1995.
15. La participation de la France à la mise en place du
Fonds pour l'environnement mondial (FEM) dans la phase pilote et
la poursuite de cette participation dans la phase actuelle ont
été rappelées. Les ressources financières
prévues par les autorités françaises pour
l'environnement mondial dépasse de 440 millions de francs le
montant de la contribution de la France au FEM, ce qui a permis
d'établir un FEM français et de le doter de ce solde.
Ce fonds est prévu pour le financement des coûts
supplémentaires liés à la prise en compte de
l'environnement mondial dans des projets d'investissement.
Jusqu'à ce jour, 50% des ressources du FEM
français ont été consacrées au changement
climatique, de tels projets
s'étant révélés plus longs à
mettre au point que ceux relevant d'autres domaines, tels que la
diversité biologique et les eaux internationales. L'important
effet de levier (environ 10 fois) réalisé par les
financements du FEM français a été
signalé. On envisage de reconstituer les ressources de ce
fonds au terme d'un cycle quadriennal.
16. La France a ratifié la Convention le 25 mars 1994. La
première communication a été reçue par le
secrétariat le 6 février 1995.
17. L'examen approfondi de la première communication de la
France a été effectuée entre juin 1996 et mai
1997. L'équipe d'examen comptait parmi ses membres M. Jan Van
Rensbergen (Belgique), M. Laurie Michaelis
(secrétariat de l'Organisation de coopération et de
développement économique (OCDE) ), M. Aniket Ghai
(secrétariat de la CCNUCC) et M. Tahar Hadj-Sadok
(secrétariat de la CCNUCC, coordonnateur). L'équipe
d'examen s'est rendue à Paris du 17 au 21
juin 1996, période pendant laquelle elle a
rencontré des experts du Gouvernement français ainsi
que des représentants d'organisations
non-gouvernementales.
18. La première communication nationale de la France - "Le
programme national de prévention du changement de climat" -
présente les politiques et les mesures adoptées ou
envisagées par la France pour prévenir le changement de
climat.
19. La préparation de la communication a été
coordonnée par la Mission interministérielle
de l'effet de serre (MIES), également chargée de
la coordination de mesures de prévention du changement de
climat, du suivi de la mise en oeuvre de ces mesures, ainsi que de la
préparation de la position officielle de la France au
niveau des instances internationales. En cas de
désaccord, le Cabinet du Premier Ministre est appelé
à l'arbitrage.
20. Avant la signature de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, la France s'était engagée à stabiliser les émissions de dioxyde de carbone (CO2) à un niveau inférieur à 7,3 tonnes par habitant en l'an 2000. Cet engagement n'est pas mentionné dans la communication car, selon les renseignements fournis à l'équipe, cet
engagement a été supplanté par l'engagement
pris par la France dans le contexte de l'accord de Luxembourg,
consistant à adopter dans le cadre de sa compétence
individuelle, des politiques et des mesures en vue de limiter
les émissions de CO2 à l'échelle de
l'Union Européenne (UE). En 1990, les émissions de
CO2 par habitant s'élevaient à 5,92 tonnes
(alors que la moyenne dans les pays de l'OCDE était de 12
tonnes environ). La France a également pris des engagements
concernant les émissions de gaz précurseurs dans le
cadre de la Convention sur la pollution atmosphérique
transfrontière à longue distance.
21. Du point de vue de la France, l'engagement d'adopter des
politiques et des mesures en vue de limiter les émissions
de gaz à effet de serre, qui figure à l'article 4
paragraphe 2 de la Convention, sera exécuté dans
l'ensemble de l'UE, par l'Union et ses Etats membres, agissant dans
le cadre de leurs compétences respectives.
22. La France est en faveur d'un effort uniforme et estime qu'il
peut être réalisé notamment grâce à
des mesures fiscales coordonnées. La taxation au niveau
européen du carbone d'un montant de 70 Ecus par tonne, selon
des modalités appropriées, est citée comme
exemple.
23. Les experts français précisent que la mise en
oeuvre du programme de prévention de changement de climat est
notamment tributaire des décisions qui doivent être
prises au niveau de l'UE et, par conséquent, d'un
consensus entre ses Etats membres. Par ailleurs, la
responsabilité de la mise en oeuvre de certaines politiques
relève des collectivités publiques
locales.
24. Depuis le premier choc pétrolier, la France applique
une politique énergétique visant à
se protéger des pénuries et des hausses du
coût de l'énergie. Par conséquent, en 1990, la
France avait déjà réalisé des gains
substantiels en économies d'énergie, notamment dans les
secteurs résidentiels et industriels. Le coût marginal
des réductions effectuées après l'année
de référence est donc supérieur aux coûts
comparables dans certaines autres Parties.
25. Cette politique énergétique comporte, entre
autre, la décision de développer la capacité
de production d'électricité à partir du
nucléaire. En 1992, la part de l'approvisionnement total
d'énergie primaire provenant du nucléaire
s'élevait à presque 35% et celle de l'énergie
hydraulique à plus de 7%.
26. L'inventaire des gaz à effet de serre prend
également en compte les émissions provenant des
départements et territoires d'outre-mer (DOM-TOM). La
communication ne traite pas des politiques et des mesures
adoptées dans les DOM-TOM; pendant l'examen approfondi
pourtant, l'équipe a été en mesure de confirmer
que diverses décisions ont été prises dans
ces régions, par exemple, la décision de
l'Electricité de France (EDF) d'accorder un soutien
financier aux énergies renouvelables. Les projections
concernant les gaz à effet de serre ne prennent pas en
considération les émissions dans les DOM-TOM; les
émissions de CO2 entre 1990 et 1993 ont
pourtant été analysées. Pendant l'examen
approfondi, l'équipe a constaté que d'autres
activités ont été réalisées dans
ces régions dans le cadre de la Convention; une
étude, par exemple, a été menée sur
l'impact du changement du climat à Mooréa.
27. En 1994 la France se situait au huitième rang pour le
prix de l'essence (à partir des prix les plus
élevés), par rapport aux 23 pays membre de l'Agence
internationale de l'énergie (AIE), prix dont
l'élément taxe, 81 % du total, était le plus
élevé.
28. Linventaire concerne les émissions de gaz à
effet de serre direct, CO2, méthane
(CH4) et protoxyde d'azote (N2O), et les
précurseurs dozone, à savoir les oxydes d'azote
(NOx), les composés organiques volatils hors
méthane (COVHM) et le monoxyde de carbone (CO). Linventaire
des émissions est établi non seulement pour
lannée 1990, mais aussi pour les années 1991, 1992 et
1993. Les émissions sont présentées par gaz et
pondérées par leur potentiel de
réchauffement global (PRG) à 100 ans (Groupe d'experts
intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), 1994).
Les tendances historiques (1980 - 1990) ne sont
présentées que pour les émissions de
CO2. Les émissions totales nettes de CO2
sont également indiquées par habitant et par point de
produit intérieur brut (PIB). Les émissions dautres gaz
à effet de serre, comme les polyfluorocarbones (PFC),
hydrofluorocarbones (HFC) et hexafluorures de soufre
(SF6), ne sont pas prises en compte. En 1990, la France a
émis 366.536 Gg de CO2 (brut), 2.895 Gg de
CH4, 177 Gg de N2O, 1.722 Gg de NOx,
10.952 Gg de CO et 2.424 Gg de COVHM.
29. Pour dresser linventaire, on a appliqué la
méthodologie CORINAIR. Cette méthodologie est partie
intégrante d'un effort continu dans l'espace européen
au niveau des méthodes de calculs, de la définition de
facteurs démissions, de la désagrégation en
secteurs et activités et de la répartition
géographique. Les valeurs des facteurs démissions
utilisées dans linventaire français sont des
valeurs moyennes pour lEurope (par exemple dans le secteur du
transport) ou ont été établies à partir
de données spécifiques. L'inventaire est très
détaillé (secteurs, activités) et s'avère
surtout utile pour la Convention sur la pollution
atmosphérique transfrontière à longue distance
et pour létude de l'acidification et des charges critiques.
Afin de pouvoir utiliser linventaire CORINAIR pour la Convention
cadre sur les changements climatiques, un interface
(méthodologie et logiciel) a été construit, ce
qui permet de réorganiser linventaire selon les
directives du GIEC. C'est ainsi que les tableaux de
données minimum du GIEC ont été
établis pour les gaz et les années indiquées au
paragraphe 14 ci-dessus.
30. Les tableaux de données minimum du GIEC indiquent les
émissions de gaz à effet de serre de la France
Métropolitaine et des DOM-TOM. On a procédé pour
la première fois à l'établissement
systématique d'inventaires des émissions dans les
DOM-TOM en appliquant la méthodologie CORINAIR. Quelques
réserves ont néanmoins été
exprimées sur le résultat, à cause dincertitudes
et d'une disponibilité réduite des données de
bases, notamment pour le secteur du changement d'exploitation des
sols.
31. Linventaire est complet et satisfaisant pour les
émissions de gaz à effet de serre autres que le
CO2 mentionnées dans la communication:
CH4, N2O, CO, NOx et les
COVHM.
32. Les émissions de CO2 résultant de la
consommation finale non énergétique des
carburants fossiles et le stockage de carbone dans des produits
("feedstocks") ne sont pas calculées (voir GIEC - Workbook,
Step 4 Reference Approach) et ne sont pas incluses dans linventaire.
Les émissions de CO2 provenant de
lincinération des déchets (déchets
ménagers et industriels, torchères) sont
calculées et enregistrées, mais ne sont pas comprises
dans le total des émissions de CO2. Les
déchets contiennent normalement du carbone
dorigine fossile (par exemple des produits en plastique), aussi
bien que celui qui a comme origine la biomasse. La proportion
d'origine fossile est considérée faible, et par
conséquent, les émissions correspondantes ont
été jugées négligeables.
33. La méthodologie CORINAIR prend en compte les
émissions mesurées dans leffluent rejeté
à la source. Dans le cas de la combustion des carburants, le
carbone est rejeté sous la forme de CO2, CO,
CH4 et autres composés organiques, ce qui rend
difficile le calcul des émissions de CO2, car les
Directives du GIEC demandent que l'on dresse un bilan total du
carbone, exprimé en termes de CO2 ("CO2
ultime"). La méthode de calcul du "CO2 ultime"
est incorporé dans linterface CORINAIR/GIEC et se fait
selon une approche cumulative. Cette approche induit de
légers écarts qui peuvent s'ajouter a l'agrégat.
La validation avec les bilans énergétiques au niveau
des (sous)secteurs a été faite, mais les experts
estiment qu'il serait souhaitable d'affiner la méthode,
étant donné qu'elle provoquerait une sous-estimation
des émissions de CO2 liées à
lutilisation de l'énergie (d'une ordre de grandeur de 3 %). La
méthode du GIEC pour les émissions de CO2 a
l'avantage d'être plus transparente et plus
directe.
34. La communication et les documents supplémentaires
fournis à l'équipe contiennent beaucoup dinformations
détaillées sur la méthodologie CORINAIR,
linterface entre les Directives du GIEC et des tableaux
détaillés CORINAIR. La communication ne comporte pas
d'évaluation quantifiée des incertitudes concernant les
émissions de gaz à effet de serre.
Pendant l'examen approfondi, on a indiqué à
l'équipe que les incertitudes étaient de l'ordre de:
CO2< 5%; CH4 - 30 à 50%;
N2O - 50 à 100%; NOx - 15 à 30%;
COVHM - environ 50%; et Co environ 30%.
35. Linventaire indique les émissions sans correction
climatique, mais lorsqu'une évolution est notée,
les émissions liées à la consommation
dénergie pour le chauffage des locaux sont
corrigées pour conditions climatiques (voir aussi chapitre
IV).
36. Les Directives du GIEC ont été appliquées
pour estimer les émissions dues aux changements dans
lutilisation des sols. Une fixation de CO2 de 32.000 Gg
est enregistrée en 1990. La méthodologie, les
hypothèses retenues et les résultats obtenus sont
correctement rendus dans la communication. Lexercise est fait
pour la France métropolitaine.
37. Les émissions du volet international du trafic maritime
et aérien sont calculées compte tenu des données
statistiques sur la vente de carburants aux navires et avions
étrangers.
38. On décrit dans la communication nationale
différentes politiques et mesures adoptées pour de
nombreux secteurs en vue de réduire les émissions de
CO2, CH4, N2O, NOx, COVHM
et CO et d'accroître la capacité des puits et de
réservoirs de CO2. Certaines de ces mesures
visent spécifiquement la prévention de gaz
à effet de serre (GES), tandis que la plupart d'entre elles
ont d'autres objectifs primaires ou secondaires. Le rapport traite de
certaines politiques déjà élaborées
(fixation du prix de l'électricité dans les
régions éloignées en deçà du prix
de fourniture) qui pourraient accroître les émissions de
gaz à effet de serre. Ces mesures
entraînent l'intervention du gouvernement à
différents niveaux, à partir des communes (utilisation
du bois pour le chauffage) jusqu'aux départements (gestion des
déchets) et du gouvernement (définition des normes)
à l'UE (réforme agricole).
39. On fournit des estimations - si elles sont disponibles - des effets que pourrait avoir chaque mesure sur les GES. Le plus souvent les estimations des mesures sont calculées pour l'an 2000, quoique certaines le sont parfois pour des périodes allant au-delà de l'an 2000. Le plus souvent des explications détaillées sur les calculs des effets prévus sont fournis à l'équipe d'examen et parfois des documents de référence. Le rapport ne comporte pas d'estimation
précise de l'effet global des politiques et des
mesures décrites; aucune estimation n'a été
donnée à l'équipe. Cette dernière a
été informée que certaines des mesures
décrites dans le programme n'ont pas été
appliquées dans leur totalité ou ne l'ont pas
été selon le calendrier prévu. D'autre part, des
mesures supplémentaires, non mentionnées dans la
communication, ont été soumises à
l'équipe d'examen.
40. Dans de nombreux cas on indique dans le rapport l'incidence du coût des mesures sur le budget du gouvernement ou le temps de retour des changements technologiques pour les utilisateurs. Etant donné que la France préconise l'instauration d'une taxe sur le carbone, des mesures sont envisagées compte tenu de leur coût pour la prévention des GES. La proposition de l'UE consistant à prélever une taxe carbone/énergie d'environ 70 Ecus par tonne de carbone, est prise comme référence à cette fin en tant que taxe pure sur le carbone - selon la préférence française. Lorsque des mesures sont prises au niveau des législations nationales ou de l'UE, la législation est précisée dans la communication. Il y est également indiqué que certaines mesures ne seraient appliquées que dans le contexte d'une action concertée de l'UE - comme c'est le cas de la taxe sur le carbone.
41. Les normes de performance énergétique en vigueur
pour les bâtiments neufs sont déjà
très rigoureuses; par ailleurs, compte tenu du faible taux de
renouvellement du parc immobilier, de nouvelles mesures n'auront
que peu d'effet à court terme. Les normes se fondent sur
des algorithmes d'optimalisation des coûts. Une technologie
performante doit être appliquée lorsque son coût
est remboursé par une économie du coût de
l'énergie, à un taux d'escompte de 8 %, calculé
aux prix de l'énergie et de la technologie de 1985. De
nouveaux algorithmes sont en cours d'élaboration pour les
secteurs résidentiel et tertiaire, fondés sur les prix
actuels de l'énergie et de la technologie, en y
intégrant les options de vitrages peu
émissifs et d'une isolation thermique plus
poussée. Des difficultés techniques ont retardé
la réalisation de ces travaux. Quoique l'application à
plus ou moins longue échéance des
nouveaux algorithmes permettrait de réduire certains
effets de serre, le niveau atteint en l'an 2000 pourrait
être inférieur aux 160 ktC prévus au
programme.
42. La politique des labels a permis de réaliser des
progrès considérables en matière de performance
énergétique, étant donné que le nombre de
bâtiments neufs à label est passé de 5% en
1990 à 25% en 1995. La Loi sur la Qualité de l'Air
comporte des dispositions en vue de l'obtention d'un
complément d'informations sur la consommation d'énergie
dans les bâtiments neufs.
43. Quant aux bâtiments existants, un grand nombre de
mesures de conservation de l'énergie, entrées en
vigueur avant 1990, sont énumérées dans la
communication. Ces mesures continuent à être
appliquées ou sont renforcées. Un nouvel effort, de
grande envergure, d'information des consommateurs est
déployé; les installateurs expliquent les nouvelles
techniques de maîtrise de l'énergie et recommandent les
plus appropriées. Des études pilotes
ont prouvé que cette approche est couronnée de
succès. L'octroi de certaines subventions pour l'application
de mesures de conservation de l'énergie dans les logements est
maintenu. Des incitations fiscales, consenties du 01/01/90 au
31/12/95 aux fins d'investissement dans des mesures de conservation
de l'énergie, ont été reconduites en
1996.
44. Dans le cadre d'une initiative dont fait état la communication, l'application des mesures de conservation de l'énergie dans les bâtiments publics permettrait de récupérer l'investissement en 6 ans grâce à des économies du coût de l'énergie. L'importance de ce gain
serait de l'ordre de 12% de l'énergie utilisée.
L'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie
(ADEME) a bénéficié de 5MF en 1995 (au lieu des
10MF prévus dans la communication) pour effectuer des audits
d'énergie dans les bâtiments publics et 10 MF
supplémentaires sont approuvés pour 1996. Un premier
audit du bâtiment du Ministère de la Justice confirme ce
potentiel de 12%. Le service postal national envisage de
procéder à un audit co-financé par ADEME.
Les investissements seront probablement financés par des
emprunts. Une économie d'énergie de 12% permettra une
baisse de 200 ktC de CO2, volume maintenu comme l'objectif
pour l'an 2000.
45. Il est précisé dans le rapport que, si l'UE
décidait d'adopter une fiscalisation minimale
des combustibles à usage résidentiel, cette
mesure, ainsi que l'ensemble des mesures
énergétiques appliquées aux bâtiments
existants, permettraient de réduire les émissions de
CO2 de l'ordre de 3.4 MtC à l'horizon
2000.
46. La prédominance en France de l'énergie
nucléaire pour la production de
l'électricité se maintiendra dans un avenir à
moyen terme, de sorte que la possibilité de réduire les
GES au niveau de la fourniture se limite à la production pour
les charges de pointe. Cette dernière doit avoir comme
source principale le charbon ou les hydrocarbures et aucun
remplacement ou complément de la capacité de production
centralisé pour les charges de pointe n'est prévu
avant l'an 2010. Des mesures visant à aplatir les pointes
de la demande sont en grande partie appliquées comme
prévu au programme. Des retards sont intervenus dans
l'introduction d'un nouveau tarif qui inciterait les utilisateurs
à réduire leur consommation aux heures de
pointe.
47. EDF doit assurer une tarification unique à usage
résidentiel pour le consommateur moyen en France
Métropolitaine et dans les DOM. De ce fait, des subventions
croisées existent à l'intention des usagers des
régions éloignées ainsi qu'en Corse et dans les
DOM, où l'électricité est d'origine fossile ce
qui engendre des émissions additionnelles de GES. Les mesures
visant à promouvoir une gestion de la demande
d'électricité dans ces régions sont
mises en oeuvre comme prévu au programme.
48. Selon le programme, grâce aux exportations
d'électricité de la France - exportations qui
remplacent la production de base - des émissions de GES ont pu
être évitées dans des
centrales à charbon des pays voisins. Le volume de
cette prévention serait moins important dans les pays
où ces nouvelles centrales ne fonctionnent pas au
charbon.
49. Les principaux éléments de l'appui
accordé par la France aux sources d'énergie
nouvelles et renouvelables concernent la biomasse et
l'énergie éolienne. Outre les mesures décrites
dans le programme, des appels d'offres sont lancées en vue de
la construction de turbines éoliennes de 250-500 MW d'ici
à l'an 2005. EDF doit calculer le prix de
l'électricité qu'elle achètera aux
opérateurs en fonction de ces appels d'offres. Quoique le prix
de l'énergie éolienne ne peut être, à
l'heure actuelle, concurrentiel par rapport à d'autres sources
d'électricité, les coûts devront
fléchir et cette mesure vise à faciliter la
commercialisation de la technologie.
50. L'exécution du "plan bois-énergie", tel que
décrit dans le programme, se poursuit. Treize plans
locaux sont déjà élaborés dans 11
régions sur 22 pour utiliser le bois à des fins
de chauffage, ce qui implique la mise en place d'installations
allant de 600 kW à 5 MW. Ce premier plan de
réduction des émissions de carbone est tributaire de
subventions de près de 370 F par tonne de carbone en
moyenne (environ 70 Ecus par tonne); il est, en partie,
justifié du fait qu'il entraîne une diversification
de l'énergie et la possibilité de créer 300
nouveaux emplois. A la suite de la mise en place pendant cette phase
initiale des pratiques et des systèmes de fourniture de
bois, le volume des subventions nécessaires à un
développement plus poussé de la
dandroénergie serait réduit de
moitié.
51. Il semblerait que la production d'électricité
solaire photovoltaïque ne présente qu'un faible potentiel
économique en France métropolitaine. Quelques 20.000
chauffe-eau solaires sont déjà installés dans
les DOM-TOM et on envisage d'en installer 20.000 de
plus.
52. De nombreux intérêts politiques se recoupent dans
le secteur des transports. En conséquence, plusieurs
ministères participent à l'examen, la planification et
l'application d'un grand nombre de mesures et de politiques
prévues pour ce secteur et qui figurent dans le programme de
la France. D'autre part, un large volet de la politique
afférente aux transports est élaboré et
coordonné au niveau de l'UE; les priorités de la
France, en vue d'activités à déployer au niveau
de l'UE, sont examinées dans le programme.
53. Quant au transport des marchandises, le gouvernement de
la France veille, depuis quelques années déjà,
à équiper les poids lourds de techniques
énergétiques performantes et aucune nouvelle mesure
n'est prévue pour promouvoir des changements techniques. On a
informé l'équipe que la limitation de puissance des
poids lourds, proposée dans le programme en tant que
mesure communautaire, n'a pas encore fait l'objet d'une discussion
approfondie avec les partenaires européens de la France.
La réduction de 20% de la consommation unitaire des
camions d'ici à l'an 2015 - comme indiqué au programme
- pourrait ne pas se réaliser. Certaines réductions
semblent pourtant accessibles grâce au programme de
contrôles techniques et d'un meilleur entretien des
véhicules, ainsi que par le recours plus fréquent
à des véhicules adaptés à des fins
spécifiques.
54. La France préconise l'application des règlements
régissant les conditions de travail des chauffeurs de camions
et l'instauration de nouvelles régles en vue de réduire
le nombre d'heures travaillées; ce soutien n'a pourtant
pas encore donné lieu à la promulgation d'une directive
au niveau de l'UE. La France prend des mesures pour faire appliquer
au niveau national la législation déjà
adoptée et pour aboutir à un accord avec les
transporteurs nationaux sur le renforcement des conditions de
travail, ce qui fera augmenter le prix du transport des
marchandises. La baisse de 0.4 MtC qu'entraînerait
l'application de ces mesures prévues au programme d'ici
à l'an 2000, a été calculée en se fondant
sur une élasticité des prix du transport du fret
conforme à celle des études effectuées dans
d'autres pays. Des études faites récemment en
France indiquent pourtant que l'élasticité des prix de
la demande de transport de fret, et par conséquent l'effet
escompté sur les émissions de CO2, pourrait
n'être que la moitié de celui prévu au
programme.
55. La France s'efforce, sans succès jusqu'à
présent, d'obtenir l'accord de l'UE pour relever le taux
minimum des accises sur les carburants. L'accise sur le diesel a
augmenté de 26% en valeur nominale en France entre 1990 et
1994, ce qui a entraîné une majoration nominale de
9% du prix de détail, malgré une baisse du prix
avant imposition, sans pour autant changer considérablement le
prix en valeur réelle corrigée pour inflation, ce qui
implique que l'application de cette mesure n'entraîne qu'une
faible baisse de GES. Des efforts sont déployés pour
"internaliser" les coûts externes au transport (notamment
embouteillages, accidents, pollution acoustique et celle de l'air,
ainsi que le changement de climat), par le biais du relèvement
des taxes sur les carburants. Dans le cas des poids lourds, surtout
au niveau du trafic international, les péages couvrent en
grande partie les coûts externes.
56. La France préconise, sans succès jusqu'à ce jour, la prise de mesures au niveau de l'UE en vue d'améliorer la compétitivité du transport ferroviaire par rapport au routier. La situation
s'est pourtant améliorée au niveau national
après avoir encouragé un recours accru au transport
combiné rail-route. Le volume des marchandises
transportées par la Société Nationale de Chemins
de Fer (SNCF) par le système combiné rail-route a
augmenté de 20% en 1994 et de 6 à 7% en 1995
(malgré les grèves de Décembre) et
représente 20% du fret transporté par la SNCF en
1995. La recherche et le développement ainsi que le
développement des infrastructures dans ce secteur se
poursuivent comme prévu. L'objectif qui consiste à
doubler d'ici à l'an 2000 le volume du transport
combiné est maintenu, ce qui permettrait de réduire les
émissions de l'ordre 125 ktC.
57. En ce qui concerne les voitures et autres véhicules
légers, on espère de plus en plus pouvoir faire
baisser la consommation de carburant des véhicules neufs
après l'an 2000 dans le cadre d'un programme proposé
par la Commission Européenne visant à faire passer les
émissions de CO2 des voitures neuves de
180g/km à 120g/km d'ici à 2005-2010. Au moment
de la visite, le Conseil des Ministres n'avait pas encore
adopté la proposition.
58. Le changement de l'assiette de la vignette, payée
annuellement en France, est encore à l'étude. La taxe
nominale prélevée sur l'essence ordinaire a
augmenté de 15% entre 1990 et 1994, ce qui a majoré le
prix de vente au détail de 9%. D'autre part, le prix de
détail de l'essence sans plomb en 1994 était
à peu près au même niveau nominal que celui de
l'essence ordinaire en 1990, ce qui fait que le prix réel de
l'essence ordinaire avait baissé pour ceux qui se sont
convertis à la "sans plomb".
59. Aucun accord n'est encore intervenu au niveau de l'UE en
matière d'harmonisation des limitations de vitesses. Un
meilleur entretien des véhicules et les contrôles
techniques sont rendus obligatoires. Un premier projet, mis en place
jusqu'à la fin de 1995, a permis à tout acheteur d'une
voiture neuve de bénéficier d'une prime de 5.000 francs
s'il voulait remplacer un véhicule usagé de plus
de 10 ans; au titre du nouveau projet, on accorde une gratification
à toute personne qui souhaite se défaire d'un
véhicule de plus de 8 ans. Le premier projet a
facilité la reprise et la destruction de 850.000 voitures
usagées et stimulé la vente de 550.000 voitures neuves
supplémentaires. Le nouveau projet, appliqué d'octobre
1995 à septembre 1996, a permis la destruction de 700.000
voitures et l'achat de 400.000 véhicules neufs.
L'amélioration du parc national de véhicules
grâce à ces mesures permettra de réaliser une
baisse de 0.32 MtC en l'an 2000. On n'a pas quantifié les
conséquences secondaires de l'octroi de primes
à l'achat de véhicules neufs (augmentation du nombre de
voitures neuves fabriquées ce qui entraîne une
augmentation du volume des émissions, ou remplacement des
petites voitures usagées par des véhicules neufs plus
grands et à plus forte consommation), conséquences qui
pourraient avoir comme effet d'annuler les baisses d'émissions
déjà enregistrées.
60. La mise au point de l'éthanol et de l'ester
méthylique d'huile de colza aux fins de leur utilisation dans
le secteur des transports, se déroule comme prévu au
programme. Les objectifs pour l'an 2000 demeurent raisonnables,
quoique assujettis à la politique agricole. Une prime de
30.000 francs est offerte aux acheteurs de voitures
électriques, ce qui ramène leur prix à
celui des voitures classiques. Environ 2.300 voitures
électriques circulent à ce jour en France, mais le
parc s'accroit rapidement depuis le versement de la prime et on a
déjà enregistré 416 achats pendant les deux
premiers mois de 1996. L'objectif visé de 100.000
véhicules électriques vendus à l'horizon 2000
est maintenu ainsi que celui d'une éventuelle réduction
de gaz à effet de serre de l'ordre de 40 ktC.
61. Le gouvernement encourage la mise au point de politiques au
niveau local pour réduire le trafic automobile urbain et
diffuse à cette fin des orientations en matière de
gestion du transport. Les moyens qui permettraient d'imposer des
changements à la planification des transports n'existent pas
encore et, selon l'avis de représentants d'organisations
non-gouvernementales, la coordination entre le gouvernement et les
autorités locales serait insuffisante. Selon le programme, une
meilleure maîtrise du trafic permettrait de réaliser une
réduction de 20% des émissions de GES dans les centres
urbains (0.6 à 0.9 MtC/an), mais on ne sait pas dans
quelle mesure cette réduction pourrait être
réalisée d'ici à l'an 2000. De meilleurs
systèmes d'information à l'intention des usagers de la
route sur les conditions du trafic et les trajets alternatifs
sont mis en place comme prévu et on escompte une baisse des
émissions de l'ordre de 3.1 ktC.
62. Le développement du réseau de Trains à
Grande Vitesse (TGV) se poursuit comme prévu et le
détournement du trafic aérien et routier, tel que
projeté par la SNCF, permettrait une baisse
d'émissions de 130 ktC. On a pourtant informé
l'équipe que, dans le passé, les projections de
détournement du trafic aérien et routier, à la
suite de la mise en service de nouvelles lignes de TGV, se sont
révélées trop optimistes.
63. Quant aux émissions de GES autres que le
CO2 liés au transport, l'introduction de pots
catalytiques sur les voitures à essence neuves, dans le
respect des normes de l'UE concernant les émissions, aura
probablement comme conséquence une augmentation des
émissions de N2O par véhicule/km par rapport
aux niveaux de 1990, même si les émissions de
précurseurs d'ozone troposphérique diminuaient. Le
rapport ne comporte pas d'estimations concernant les effets sur les
émissions de N2O en l'an 2000.
64. Le rapport ne comporte pas d'estimations des émissions
présentes ou futures de HFC. On indique, dans les
documents dont l'équipe est saisie, que les émissions
actuelles de HFC provenant de systèmes de climatisation des
voitures sont de l'ordre de 75 tonnes par an (équivalent
à 25 ktC). Le volume total de rejets de
réfrigérants provenant de cette source est de 250
à 340 tonnes par an; les chlorofluorocarbones CFC R12 sont
rapidement remplacées par des HFC et les voitures neuves
sont tout aussi rapidement équipées d'un système
de climatisation. Le nombre de voitures du parc automobile ainsi
équipées est passé de 260.000 en 1990
à 1.2 millions en 1994 et, même si ce taux de
pénétration (15%) n'est pas dépassé, le
nombre de voitures climatisées serait de 2.7 millions en l'an
2000, avec un volume de rejets de 690 tonnes de HFC
(équivalent à 0.23 MtC). Dans les documents soumis
à l'équipe il est précisé que l'on
dispose des technologies appropriées pour réduire ce
montant d'un tiers. On commence également à utiliser
les HFC dans les camions réfrigérées pour le
transport des denrées périssables, mais leur taux de
pénétration et de rejet est inférieur à
celui des voitures.
65. Les mesures prises par la France dans le secteur industriel
comportent des engagements volontaires visant à réduire
des émissions de toute une gamme de GES et des
règlements régissant les émissions de
N2O. Des changements techniques intervenus entre 1973 et
1990 ont abouti à une meilleure maîtrise de
l'énergie dans l'industrie de presque 20%, quoique les gains
se soient stabilisés après la chute du pétrole
en 1985/86. Selon le programme, il serait possible de réduire
les émissions de CO2, par rapport aux niveaux de
1990 de presque 20% ou de 5 MtC. Cette réduction pourrait
être réalisée si le temps de retour des
investissements qu'effectueraient certaines entreprises pour
acquérir de nouvelles technologies en vue
d'améliorer leur performance énergétique
pouvait doubler et passer d'une période de 2 à 3 ans
à une période de 4 à 6 ans. Des engagements
volontaires sont conclus avec des industries à
forte composante énergétique sur une base
sectorielle. Le fait de doubler le temps de retour
des investissements aurait le même effet qu'une taxe de 70
Ecus par tonne de carbone.
66. On a décrit, à l'intention de l'équipe, la teneur des accords déjà conclus; ils doivent permettre de procéder à une réduction des émissions de GES de l'ordre de 1 MtC d'ici à l'an 2000 par rapport aux niveaux de 1990. Un de ces accord (conclu avec l'industrie de l'aluminium) prévoit une réduction de 2% de la consommation d'électricité par unité de production et une réduction de la consommation d'énergie de 7% par unité de production, ce qui entraîne une baisse des émissions de CO2 de 19% par unité de production et une réduction de 75% des rejets de PFC. Ceci revient à presque 115 tonnes de PFC ou l'équivalent d'une réduction des émissions de 0.3 millions de tonnes de carbone. Depuis la mise au point du programme, le Gouvernement a élargi l'éventail des possibilités d'aide financière aux investissements en matière de performance énergétique et de co-génération. Une taxe sur les émissions de l'industrie des COVHM de 180 F/t doit engendrer une baisse de 25.000 à 30.000 tonnes par an. Les règlements visant à réduire les émissions industrielles de N2O donnent les résultats escomptés au programme. Les accords visant à réduire les émissions de NOx ont été reportés à cause, partiellement, du retard enregistré dans l'adoption par l'UE de directives y afférentes concernant la combustion.
67. Quoique aucune mesure n'ait été prise dans le but de réduire tout particulièrement les émissions agricoles de CO2, CH4 et de N2O, des politiques mises en oeuvre à d'autres fins permettront de faire baisser certaines émissions. La réforme de la Politique Agricole Commune (PAC) aura comme effet de réduire les émissions de CO2 qui auraient augmenté à la suite de l'intensification de la production agricole. Une politique plus poussée du gel des terres et l'application de quantités réduites d'engrais azotés, conformément aux mesures adoptées au niveau national et à celui de l'UE, permettront de réduire les émissions de N2O. Ces changements s'effectuent comme indiqué dans la communication.
68. Pendant la présente réforme agricole une
priorité plus élevée est accordée au
maintien du potentiel de production agricole et de ce fait, les
plans décrits dans la communication,
visant à augmenter les surfaces boisées
jusqu'à 30.000 hectares en 1998 ne sont pas mis en
exécution. Les tentatives visant à réduire le
déficit budgétaire ont également eu une
incidence sur les fonds disponibles pour la mise en oeuvre du
plan. Le taux réel de déboisement prévu
pour le restant des années 1990 est approximativement de
11.000 hectares par an, niveau légèrement
supérieur à la moyenne de 10.000 hectares des
années 1980. La rétention d'une quantité
additionnelle de carbone, telle que prévue au programme, d'un
volume de 0.65 à 0.75 million de tonnes par an, ne sera donc
pas réalisée.
69. La zone forestière la plus vaste des DOM-TOM se trouve
en Guyane avec un total d'environ 8 millions d'hectares. Des
subventions sont accordées pour défricher de petites
surfaces forestières aux fins agricoles. On gère
200.000 hectares de forêts pour assurer la production de grumes
ainsi qu'à d'autres fins. La construction de routes à
l'intérieur des forêts
est arrêtée.
70. La France a communiqué avoir adopté des politiques et des mesures en vue d'accroître le stockage de carbone dans les produits en bois. Le Gouvernement a élaboré des documents techniques et organisé des cours de formation à l'intention des architectes et des constructeurs sur l'utilisation du bois dans la construction et a diffusé des informations sur les produits en bois disponibles. Le budget prévu pour ces activités est passé de 7 MF en 1993 à 23 MF en 1996 et devrait continuer à augmenter, quoique à un rythme plus lent. Le taux global de constructions neuves est très faible à l'heure actuelle; malgré cela, le pourcentage de constructions à charpente en bois est à la hausse et on est optimiste quant au succès à long terme de ce programme. On prévoit d'effectuer une étude sur le marché du bois de construction et sur les éventuels obstacles y afférent ainsi que sur le potentiel de pénétration de ces produits par rapport à d'autres matériaux. Le coût des constructions à charpente en bois pourrait baisser à l'avenir au fur et à mesure que cette technologie s'affine et que l'industrie acquiert de l'expérience, bien que les producteurs de matériaux classiques (ciment, acier, plastique) aient l'avantage de disposer d'importants budgets publicitaires et soient en mesure de baisser leurs propres prix. Le but, qui consiste à stocker 0.35 MtC par an d'ici à l'an 2010 est maintenu, quoiqu'il soit probable que les effets soient limités en l'an 2000.
71. Les conséquences d'une nouvelle loi (adoptée en
1992) sur la gestion des déchets par
les départements et qui doit être appliquée
d'ici à l'an 2002, seront d'intensifier le recyclage, le
compostage et la récupération de l'énergie
pendant l'incinération ainsi qu'une moindre
utilisation des décharges. Le Gouvernement coopère
avec les départements pour les aider à mettre au point
des plans au niveau local.
72. Les projections de CO2, CH4 et de
N2O sont indiquées séparément, gaz
par gaz, pour l'an 2000. Les émissions nettes de
CO2, CH4 et de N2O sont
présentées sous forme d'agrégat compte tenu des
valeurs de PRG définies par le GIEC en 1994. Les absorptions
par les puits sont prises en compte, mais sont
présentées séparément. Les projections
comportent l'effet des mesures. Aucun scénario "sans mesures"
n'a été fourni. Les projections sont
communiquées pour la France métropolitaine et indiquent
une stabilisation générale des émissions de GES
en l'an 2000 par rapport à 1990 lorsqu'on en fait la somme en
les pondérant aux valeurs du PRG. Une augmentation de 7% des
émissions de CO2 est compensée par une
réduction de 47% des émissions de N2O; en
2000 les émissions de CH4 devraient être
approximativement aux mêmes niveaux qu'en 1990. La
stabilisation des émissions au niveau du pays n'est pourtant
pas considérée comme étant le but à
atteindre; comme mentionné au chapitre I, la France ne
définit un objectif de stabilisation qu'au niveau de
l'UE.
73. Comme mentionné au chapitre précédent, un
effort particulier a été fait pour évaluer et
présenter séparément les effets des politiques
et des mesures. On décrit la façon dont se sont
déroulées les activités et on définit les
hypothèses et l'approche sur lesquelles se sont fondées
les projections pour la plupart des secteurs. Quant aux
projections des émissions de CO2 provenant de
l'utilisation de l'énergie et du changement d'affectation des
terres, ainsi que celles de gaz méthane produit dans les
décharges, des informations supplémentaires figurent
aux annexes de la communication. Un complément d'information a
été fourni à l'équipe sur les
scénarios concernant des performances
énergétiques au niveau national, compte tenu des
principales hypothèses (prix de l'énergie, croissance
économique, amélioration des
performances énergétiques). Un aperçu
général des effets des mesures, ventilé par
secteur ou par gaz, aurait été utile.
74. L'évolution des émissions liées à la consommation d'énergie pour le chauffage des locaux comporte une correction pour conditions climatiques. La méthode de correction n'est pas décrite dans la communication, mais l'équipe d'examen a reçu une explication lui donnant satisfaction. La méthode se fonde sur la moyenne degrés/jours pour la France et est appliquée à la partie de la consommation d'énergie liée au chauffage des locaux par vecteur énergétique
et, séparément, pour l'industrie et les secteurs résidentiel/tertiaire. Le climat de référence est la moyenne d'une période de trente ans (1951-1980). La correction appliquée correspond à une augmentation des émissions de CO2 en 1990 de 9.5 Mt, soit 3 % des émissions brutes de 1990.
75. Les projections des émissions de CO2
provenant de l'utilisation de l'énergie se fondent
sur une évaluation faite indépendamment de
l'estimation des effets des diverses mesures
décrites dans la section précédente, ce qui
rend difficile l'évaluation des incidences des
mesures dont l'application est reportée ou n'est plus
assurée ainsi que de l'impact des mesures additionnelles sur
les émissions projetées d'ici à l'an 2000. Du
fait qu'aucun objectif précis n'a été retenu
pour l'an 2000 et que l'on ne dispose d'aucun scénario "sans
mesure" pour servir de référence dans
l'évaluation des effets des mesures, il s'avère
difficile d'évaluer les efforts déployés par la
France pour limiter ses rejets anthropiques et pour protéger
et renforcer ses réservoirs.
76. Les projections des émissions de CO2
libérées lors de la consommation d'énergie se
fondent sur une évaluation approfondie faite en 1990 par le
Groupe de Prospective sur l'Energie (Rapport Pecquer) sur les
perspectives énergétiques en France d'ici à l'an
2010; cette évaluation est soumise à l'équipe
d'examen. Le Groupe a utilisé un modèle
techno-économique et a défini trois
scénarios fondés sur des hypothèses
différentes (forte/faible) en termes de croissance
économique, prix de l'énergie et conservation de
l'énergie. Les émissions de CO2 en l'an 2000
fluctuent entre -5% et +22% par rapport à 1990. En 1994, afin
d'élaborer les projections en vue de la communication
nationale, on a procédé à une mise à jour
en se fondant sur un modèle macro-économique et en
prenant en compte les conséquences de la récession
économique des années 1991 à 1993. Ce
scénario "modifié" se fonde sur une croissance
économique moyenne de 1.9% par an pour la période
1990-2000, les prix du pétrole atteignant 20 dollars par
baril en 2000, une plus grande disponibilité d'installations
nucléaires et un effort constant de conservation de
l'énergie ce qui permettra d'enregistrer une efficacité
énergétique supérieure de 1% par an entre 1995
et 2000. Il est précisé dans le document que pour
assurer une telle performance énergétique, une taxe
équivalente à celle proposée par la Commission
Européenne (70 Ecu/tC en l'an 2000) serait nécessaire,
ainsi qu'une meilleure comptabilisation des coûts externes
au transport au niveau de l'UE. Aucune explication
supplémentaire sur les hypothèses sous-jacentes n'est
fournie. Il est prévu qu'en l'an 2000 les
émissions de CO2 en France métropolitaine
(corrigées pour variations du climat et après
avoir comptabilisé les émissions des soutes) seraient
de 4 % plus élevées par rapport à celles de
1990. Si l'on ne prend pas en compte les émissions des soutes,
si aucune correction pour des raisons de climat n'est
apportée aux émissions de l'année de
référence et si les émissions des DOM-TOM
sont ajoutées aux calculs, on aboutit à une
augmentation prévue de 7% des émissions nettes de
CO2 en 2000 par rapport à 1990.
77. L'évolution réelle (jusqu'en 1995),
comparée aux quatre scénarios (trois scénarios
Pecquer et un modifié) a été expliquée
à l'équipe d'examen. Après la récession
de 1991-1993, des taux de croissance économique de 2.9% et de
2.2% ont été enregistrés en 1994 et en 1995
respectivement. Les prix du pétrole ont fléchi en
deçà des niveaux les plus faibles retenus dans les
scénarios, la production d'électricité d'origine
nucléaire a dépassé de loin toutes les
prévisions (du fait qu'une plus grande disponibilité)
et la consommation de charbon a considérablement baissé
(ce qui est dû en partie à la surcapacité du
nucléaire et à la récession économique)
et il est fort probable qu'elle se stabilise à ce niveau dans
les années à venir. La consommation de pétrole
s'accroit modérément tandis que celle de gaz continue
à augmenter fortement. La consommation finale d'énergie
augmente moyennement à la suite de la stabilisation de la
consommation de l'énergie industrielle (à cause de la
récession), la consommation d'énergie
résidentielle dépasse toute attente (à cause du
prix bas de l'énergie) et on a enregistré un
fléchissement de la consommation d'énergie dans le
secteur des transports (probablement dû à l'effet
combiné de l'augmentation des taxes, d'une plus grande
efficacité et de la récession). En 1995 les
émissions de CO2 étaient inférieures
au niveau de 1990, mais augmentent de nouveau. Compte tenu des
tendances jusqu'en 1995 ainsi que des prévisions,
les projections de rejets de CO2 du scénario
modifié continuent à être les estimations les
plus valables. La marge d'incertitude semble être
néanmoins inférieure aux 20 MtC (20%)
indiquées dans le rapport.
78. On ne sait pas au juste dans quelle mesure la taxe
proposée par l'UE a été prise en
considération dans les projections et quelles en seraient les
conséquences si elle n'est pas prélevée avant
l'an 2000. On n'a estimé les effets de la taxe que pour le
secteur résidentiel (y compris le tertiaire): 3,4 MtC ou
près de 4% du niveau de 1990. On ne sait pas au juste
quelles sont les projections et les méthodes
d'évaluation des émissions de CO2 provenant
de secteurs autres que celui de l'énergie (p.ex. les
procédés industriels), ni l'importance des
émissions et de l'absorption de CO2 dans les
DOM-TOM. On ne précise pas dans le rapport quels sont les
modèles et approches utilisés, ni quels en sont les
points forts ou les faiblesses.
79. Les projections sont présentées pour chaque
mesure séparément, visant les sources de méthane
les plus importantes et en fournissant suffisamment de détails
sur les hypothèses et les incertitudes. Globalement, la
stabilisation est prévue pour l'an 2000. Il serait possible de
reconstruire cette projection.
80. On a appliqué une méthode pour le protoxyde d'azote similaire à celle utilisée pour le méthane. L'augmentation probable des rejets de N2O, du fait de l'introduction de catalyseurs sur les voitures, ne semble pas avoir été prise en compte. Pendant la visite, les experts français ont fait savoir qu'ils s'attendaient à ce que l'augmentation soit minime.
81. Les émissions de NOx et de COVHM en 2000
devraient décroître selon les projections
d'approximativement 30 % par rapport aux niveaux de 1990,
conformément aux objectifs retenus dans la Convention sur
la pollution atmosphérique transfrontière à
longue distance. Ces projections sont calculées en tant
que l'agrégat des effets spécifiques de chaque mesure.
On indique également les réductions
escomptées de CO (750 kt d'ici à l'an 2000). Des
mesures précises visant à réduire les
émissions de PFC dans la production de l'aluminium,
examiné au chapitre antérieur, devraient
entraîner une réduction de 115 tonne de PFC
(équivalent à 0.3 Mt de carbone).
82. Les activités de recherche sur l'évaluation des impacts du changement climatique décrites dans l'annexe de la communication nationale ont été évoquées en plus grand détail.
D'autres activités de ce type furent mentionnées,
telles que des études concernant l'impact sur
les couvertures neigeuses dans les Alpes ou des projets dans les
DOM-TOM, telles qu'une étude sur les effets potentiels de
la montée du niveau de la mer à
Mooréa.
83. La communication nationale ne comporte pas d'informations sur
les mesures d'adaptation envisagées ou en cours de
réalisation, ce qui a été confirmé lors
de la visite.
84. Des informations ont été communiquées
à l'équipe sur les institutions françaises
participant à la mise en oeuvre des activités de
coopération mentionnées dans la
communication nationale et sur leurs responsabilités et
compétences respectives. Il s'agit du Ministère des
Finances (Direction des Relations Economiques Extérieures,
Direction du Trésor), du Ministère des Affaires
Etrangères, du Ministère de la Coopération, de
la Caisse Française du Développement, des
Ministères de la Recherche et de l'Environnement et de
l'ADEME.
85. En ce qui concerne la coopération bilatérale
avec les pays en développement, un ralentissement de la
croissance du taux d'aide par rapport au PIB en 1995 a
été signalé. Cette diminution est principalement
due à une réduction des activités relatives au
désendettement. L'information relative aux activités de
coopération scientifique et technique mises en oeuvre
par le Centre de coopération internationale en recherche
agronomique pour le développement (CIRAD) et l'Institut
français de recherche scientifique pour le
développement en coopération (ORSTOM) est
confirmée. L'aide publique au développement (en tant
que pourcentage du PIB) en 1990 était de 0.60 % et a
augmenté progressivement jusqu'à 0.64 % en 1994, mais a
baissé jusqu'à 0.55 % en 1995.
86. Des indications ont été fournies à
l'équipe sur les priorités géographiques et de
programme, telles que définies par le contrat d'objectifs
récemment établi par l'ADEME: l'ADEME agira en
priorité dans les pays en transition, les pays
méditerranéens et en Asie, et elle concentrera ses
ressources sur des actions de maîtrise de la demande
d'électricité, de développement des
énergies renouvelables et de gestion des déchets
ménagers. L'utilisation par l'ADEME d'un fonds
doté de huit millions de francs pour l'identification de
projets éligibles pour des financements internationaux a
été signalée. Parmi ces projets, plusieurs
concernent l'électrification rurale
décentralisée.
87. La participation de la France à la mise en place du
Fonds pour l'environnement mondial (FEM) dans la phase pilote et
la poursuite de cette participation dans la phase actuelle ont
été rappelées. Les ressources financières
prévues par les autorités françaises pour
l'environnement mondial dépasse de 440 millions de francs le
montant de la contribution de la France au FEM, ce qui a permis
d'établir un FEM français et de le doter de ce solde.
Ce fonds est prévu pour le financement des coûts
supplémentaires liés à la prise en compte de
l'environnement mondial dans des projets d'investissement.
Jusqu'à ce jour, 50% des ressources du FEM
français ont été consacrées au changement
climatique, de tels projets
s'étant révélés plus longs à
mettre au point que ceux relevant d'autres domaines, tels que la
diversité biologique et les eaux internationales. L'important
effet de levier (environ 10 fois) réalisé par les
financements du FEM français a été
signalé. On envisage de reconstituer les ressources de ce
fonds au terme d'un cycle quadriennal.
88. L'information sur la coopération avec les pays en
transition vers l'économie de marché dans les domaines
de la sécurisation nucléaire, des économies
d'énergie et de la réduction de fuites de gaz naturel a
été confirmée.
89. Un ensemble d'activités de recherche et d'observation
systématiques ont été décrites. Certaines
d'entre elles sont intégrées à des programmes
internationaux. D'autres, de caractère national, sont mises en
oeuvre par l'ADEME. Les ressources financières
affectées à ces recherches ont été
réduites en 1995. Des actions ont été
menées au titre de l'engagement de l'article 6 (c) sur la
coopération dans le domaine de la recherche par le
CIRAD.
90. Des modules relatifs à la climatologie sont introduits
dans les programmes scolaires du primaire et secondaire ainsi que
dans l'enseignement supérieur. Les activités
d'information du grand public entreprises dans le passé ont
été interrompues faute de ressources
financières. Des activités de formation
spécifiques sont intégrées dans divers
programmes, comme par exemple, la conduite
économe.
1. Conformément à la décision 2/CP.1 (voir document FCCC/CP/1995/7/Add.1), le texte intégral du rapport a été communiqué au Gouvernement français qui n'a fait aucun commentaire supplémentaire.